Afrique du Sud : Le patronat face à la vague de grèves dans les mines

Le Figaro, 11 octobre 2012 :

Après avoir joué du bâton, en licenciant des milliers de grévistes, le patronat accepte de revoir les grilles de salaires. L’enjeu est crucial pour le pays dont le secteur minier, paralysé depuis des semaines, représente 20% du PIB.

Le patronat des mines sud-africaines fait un petit pas en avant, alors que des grèves sauvages affectent toujours plusieurs sites à travers le pays. La Chambre des mines, qui centralise la négociation salariale dans les mines d’or, a annoncé très tard mardi soir qu’elle avait «revu les conditions pour les salaires de base et les autres catégories».

A l’issue d’une journée de négociations, la Chambre s’est dit prête à une série de mesures: hausse du salaire des ouvriers les moins payés, «allocation pour les foreurs», «amélioration de la rémunération» d’autres catégories de salariés. Plus symbolique encore, le patronant «reconnaît des anomalies qui méritent d’être traitées». Pour le NUM, syndicat majoritaire, il s’agit d’une première victoire. Son porte-parole, Lesiba Seshoka, précise toutefois qu’ «il n’y a pas d’accord, c’est encore une proposition». Le NUM doit en effet consulter la base, notamment à Carletonville où une mine d’or du groupe sud-africain Gold Fields est paralysée par une grève sauvage depuis le 9 septembre.

Des milliers d’emplois en suspens

Pour le patronat, il a y urgence. Le mouvement de grève sauvage, qui a débuté de façon sanglante dans la mine de platine de Marikana en août dernier, a fait tâche d’huile et paralyse l’activité. Platine, or, chrome, charbon: aucun secteur n’est épargné. Les mineurs, qui revendiquent des hausses de salaires et dénoncent le manque de réactivité de leur syndicat NUM (jugé trop proche du pouvoir), sont désormais accompagnés d’autres travailleurs, comme les routiers.

Les propriétaires des mines avaient lancé des ultimatums aux employés, les forçant à reprendre le travail sous peine de licenciement. Dans de nombreuses mines, les menaces ont déjà été mises à exécution. Le groupe sud-africain Gold One a ainsi annoncé le licenciement de plus de 1400 employés de sa mine d’or d’Ezulwini (sur un effectif total de 1900 personnes), en grève sauvage depuis le 1er octobre. Le groupe avait déjà licencié en juin plus de la moitié des employés de sa principale mine d’or de Modder East (est de Johannesburg) avant de les réintégrer. A Ezulwini, les licenciés ont jusqu’à jeudi soir pour faire appel.

Le petit producteur de platine Atlatsa va, lui, se séparer de 2161 employés de sa mine de Bokoni (nord), après une grève débutée elle aussi début octobre. Ils ont jusqu’à ce mercredi soir pour faire appel.

De son côté, Amplats, filiale d’Anglo American qui produit plus d’un quart du platine mondial, annonçait vendredi avec fracas le licenciement de 12.000 mineurs, plus de 40% de ses effectifs, à Rustenburg, où ses opérations sont paralysées par une grève sauvage depuis le 12 septembre. Là aussi, les employés disposent d’un délai de trois jours pour faire appel. Le groupe a menacé d’en licencier 8000 autres à Northam (nord), selon le NUM.

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