Archives de Catégorie: Révoltes contre les dictatures et les politiques d’austérité

Grève générale et désobéissance civile gagnent la région oromo en Ethiopie

VOA, 9 septembre 2016 :

Burayu devrait déborder d’activité en raison de son marché au bétail à la veille du Nouvel An éthiopien dimanche. Mais cette petite bourgade éthiopienne a des allures de ville morte, ses commerçants ayant décidé de répondre à l’appel d’une grève générale.

Pour protester contre la répression du mouvement antigouvernemental qui affecte la région oromo, dans le centre et l’ouest du pays, la plupart des commerçants de cette localité, située à une dizaine de kilomètres d’Addis Abeba, ont tiré les rideaux.

En temps normal, Burayu fourmillerait de vie avant le Nouvel An éthiopien et l’Aïd al-Adha, la fête musulmane du sacrifice, prévue lundi. « Je n’ai jamais vu la ville comme cela », commente un épicier de son échoppe, l’une des seules ouvertes de sa rue.

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Cisjordanie : les étudiants de Birzeit en grève contre la hausse des droits d’inscription

RFI, 5 septembre 2016 :

Depuis une semaine, les étudiants de la plus prestigieuse université palestinienne de Cisjordanie sont en grève. Les étudiants de Birzeit refusent de commencer les cours si les frais d’inscriptions ne sont pas réduits. En moyenne, cette année les inscrits doivent débourser 20% supplémentaires par rapport à l’an dernier. L’université répond qu’elle est en déficit et réclame un geste du gouvernement palestinien. Un mouvement de grève qui fait mauvais effet pour les autorités palestiniennes alors que se profilent les élections municipales.

Réunie avec une centaine d’autres étudiants au milieu du campus, Miriam Eini, étudiante en 4e année d’anglais, tient une pancarte réclamant la suppression de la hausse de ses frais d’inscription.

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Gabon : la France appelle au calme après 50 ans de soutien au régime Bongo

Communiqué de Survie, 1 septembre 2016 :

Le vote de l’élection présidentielle au Gabon a eu lieu ce Samedi 27 août. Alors qu’Ali Bongo semble avoir perdu l’élection, d’après les résultats produits par l’opposition à la sortie des urnes, celui-ci a décidé, comme en 2009, de s’imposer par la force. Depuis mercredi soir, différentes manifestations sont violemment réprimées par les forces militaires et policières. Si le nombre de mort est impossible à déterminer pour l’instant du fait des restrictions de déplacement couplés à la coupure d’internet, il est avéré qu’Ali Bongo ne se limite pas au gaz lacrymogène mais fait bien tirer sur sa population à balles réelles, ainsi qu’à l’arme lourde et via des hélicoptères.

Le gouvernement français appelle aujourd’hui à la fin des violences, ainsi qu’à la publication des résultats bureau par bureau, adoptant une posture de soutien à la démocratie. Survie rappelle que la France n’a pourtant fait que soutenir, depuis 50 ans et jusqu’à aujourd’hui, le régime du clan Bongo. En 2009 déjà, Ali Bongo n’aurait jamais pu réussir son passage en force sans l’intervention zélée de différents acteurs français [1]. La France a continué à soutenir le régime, lui octroyant de nombreuses marques de reconnaissance diplomatique (réceptions à l’Elysée, déplacements de ministres français). Ce soutien s’exerce notamment via la coopération militaire et sécuritaire auprès de l’armée et la police gabonaise, celles-là même qui tuent actuellement les civils gabonais. En 2014, le gouvernement français se vantait d’avoir formé prêt de 4000 militaires gabonais, qui utilisent notamment du matériel français.

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Manifestations durement réprimées au Zimbabwe

Euronews, 18 août 2016 :

La police de Robert Mugabe intensifie encore la répression. Jeudi, lors d’une manifestation un hommes a été lourdement battu par la police du régime alors qu’il offrait des fleurs aux forces de maintien de l’ordre.

Cet incident arrive au lendemain d’une manifestation durement réprimée. Les Zimbabwéens s’inquiète du plan du gouvernement de remettre en place la monnaie locale, le dollar zimbabwéen. Le mouvement demande aussi le départ de Robert Mugabe qui dirige le pays d’une main de fer depuis 36 ans.

Atmosphère lourde et peur de manifester en Ethiopie

Le Monde, 15 août 2016 :

Minchele avait prévu de s’habiller en noir dimanche 14 août. Il avait entendu dire qu’il y aurait une marche à Baher Dar, sa ville au Nord de l’Ethiopie. Pour rendre hommage aux victimes tombées sous les balles des forces de l’ordre la semaine précédente. Les femmes, les enfants et les vieux devant. Les hommes derrière. Tous vêtus de noir. Mais rien. Pas de marche. Une manifestation ? Encore moins. « Rien. Les gens ont peur », lâche, fataliste, le trentenaire au crâne presque entièrement rasé.

Sept jours plus tôt, le 7 août, des milliers de personnes avaient manifesté contre le gouvernement dans les régions Amhara (Nord) et Oromia (Centre et Ouest). A Baher Dar, une grande ville du nord de l’Ethiopie, le bilan est d’au moins trente morts parmi les manifestants, selon Amnesty International, qui évoque un « bain de sang » ; huit selon les autorités de la région.

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Zimbabwe : nouvelles manifestations contre la politique économique de Mugabe

RFI, 8 août 2016 :

Depuis quelques mois les manifestations anti-Mugabe se multiplient contre le président du Zimbabwe. Fait inédit : une grève générale a paralysé les écoles et les transports le 6 juillet. Les manifestations sont violemment réprimées par les services du chef d’Etat, au pouvoir depuis 36 ans.

Ces manifestations sont le résultat d’une situation économique alarmante au Zimbabwe. Mercredi 3 août, les manifestants étaient mobilisés contre le projet d’instauration de « billets d’obligation » à parité avec le dollar pour remplacer le dollar zimbabwéen qui n’est plus utilisé depuis 2009. Les protestataires ont été dispersés à coup de matraques et de gaz lacrymogène. Certains opposants ont même été arrêtés par la police.

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Lutte contre la hausse des prix du gaz et de l’électricité en Argentine

RFI, 5 août 2016 :

En Argentine, la grogne monte face aux hausses spectaculaires des prix du gaz, de l’eau et de l’électricité. En quelques mois, les factures ont fortement augmenté, jusqu’à 700% dans certains cas ! Le nouveau gouvernement libéral justifie cette mesure par le besoin de réduire les subventions pour rééquilibrer les comptes publics. Mais pour les Argentins, qui se serrent déjà la ceinture pour faire face à l’inflation, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Plusieurs manifestations se tenaient jeudi 4 août au soir à travers tout le pays et notamment à Buenos Aires, la capitale.

Le vacarme est assourdissant. Place de l’Obélisque, en plein centre de Buenos Aires, les manifestants tambourinent sur des poêles et des casseroles. C’est ce que l’on appelle un cacerolazo, une manifestation typiquement argentine. « 500% d’augmentation pour l’électricité, 500% pour le gaz… Je n’ai pas payé, explique à RFI Alberto Rubinstein, âgé de 67 ans. Il a eu une mauvaise surprise en ouvrant ses factures le mois dernier. On n’a pas suffisamment d’argent pour vivre. Je ne peux plus aider financièrement mes enfants ! C’est une situation qui nous affecte tous. »

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