Trigano : la pression monte avec l’attente

La Nouvelle République, 20 février 2015 :

Reuilly. Lors du comité d’entreprise extraordinaire qui s’est déroulé hier dans le cadre d’une procédure de licenciement, des salariés ont débrayé.

Ils sont sortis un par un de l’usine, les ouvriers de Trigano, hier matin. Plusieurs dizaines d’entre eux au final, accompagnées d’une cinquantaine de syndicalistes CGT de l’Indre et du Cher venus en soutien, attendaient, vers 10 h, la sortie de Daniel Richard. Ce dernier, responsable de fabrication au sein de cette entreprise d’une centaine de salariés, devait s’expliquer devant le comité d’entreprise. Lui-même élu délégué syndical et délégué du personnel CGT, il se devait de justifier un comportement et des propos tenus dans le cadre d’une précédente réunion du comité d’entreprise.

Tous l’attendaient derrière les grilles de l’entreprise et quand il est sorti, le silence s’est fait. Il n’était plus question des cornes de brume et des pétards de la semaine passée. « Oui, j’ai bien reconnu le fait que j’ai dit au directeur financier : «  Tu me fais chier, tu ferais bien de prendre ta retraite  ». Maintenant, cela fait trois semaines que je suis mis à pied. C’est de l’acharnement et ils veulent me licencier car je suis quelqu’un qui gêne […] Il y a des erreurs de procédure car le CE aurait dû être convoqué huit jours après…» En attendant la sortie des délégués et suppléants qui devaient voter sur son éventuel licenciement, quelques syndicalistes parlaient droit du travail, et notamment des propos que l’on peut tenir dans une réunion publique ou privée. « Le CE n’est pas une réunion publique et il peut arriver que les esprits s’échauffent », soulignait un syndicaliste.

Quand Hervé Froment, délégué syndical CFDT, est sorti, le silence s’est à nouveau fait. Une enveloppe à la main, il a lu à Daniel Richard, le vote des délégués : cinq non au licenciement sur cinq !

Une première bataille gagnée qui n’avait rien d’une surprise, eu égard à la pétition remise à la direction, il y a quelques jours, comprenant 90 signatures demandant l’arrêt de la procédure de licenciement.

La direction – qui a, une nouvelle fois, refusé de nous recevoir – a jusqu’au 2 mars pour prendre sa décision. D’ici là, les salariés vont poursuivre les débrayages d’une heure par jour : « Et si ça ne suffit pas, on va monter en puissance ! », assure un responsable syndical.

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