Hassi Messaoud : Les aiguilleurs du ciel en grève

El Watan, 2 juillet 2014 :

Se battant depuis 2006 pour obtenir leur droit au classement et à l’amélioration de leurs conditions de travail, les contrôleurs aériens de l’aéroport Krim Belkacem de Hassi Messaoud entament leur 11e jour de grève.

Ce mouvement de protestation, commencé le 22 juin dernier, assure un service minimum et une régulation du trafic suivant les capacités du contrôleur. L’action menée par l’ensemble des contrôleurs de Hassi Messaoud est survenue suite à l’échec de toute tentative d’arrangement avec l’administration de l’ENNA et après avoir vainement revendiqué l’application de la réglementation concernant le classement de l’aéroport de Hassi Messaoud et l’application de la classe 1 à ses contrôleurs, aux termes de l’arrêté 1442/DACM/SDCSNA/14 correspondant au 13 février 2014 modifiant l’arrêté du 7 novembre 2006 qui fixe les conditions exigées pour l’obtention des qualifications des contrôleurs de la circulation aérienne ainsi que les privilèges du titulaire de cette qualification (classe 1).

C’est, en fait, l’application du décret relatif à la rémunération, y compris les heures supplémentaires afférentes qui est exigée.

Les contrôleurs aériens qui se sont sentis lésés et méprisés par leur employeur, qui essaye à tout prix, selon eux, «d’invoquer des prétextes absurdes et fallacieux, infondés de surcroît, afin de justifier la non-application des clauses de l’arrêté en question, notamment la convention collective et l’accord spécifique qui définissent clairement les privilèges du titulaire d’une qualification de contrôleur de la circulation aérienne respectivement de l’aérodrome de Hassi Hessaoud et celui d’Alger». Cet état de fait soulève justement la question de la crédibilité et la loyauté des responsables envers les institutions et les cadres du Sud.A rappeler que cette décision met l’aéroport de Hassi Messaoud dans la même position que l’aéroport Houari Boumediène d’Alger.

Un aéroport en quête de reconnaissance

Malgré son importance stratégique pour l’économie nationale et pour la réputation du pays, étant le premier lieu de contact des étrangers venant des quatre coins du monde, l’aéroport de Hassi Messaoud ne bénéficie pas pour autant de l’attention minimale nécessaire par les autorités.Avec plus de 25 000 mouvements par an et des pointes d’activité exceptionnelles atteignant les 20 avions à la fois, les contrôleurs aériens exercent toujours dans des conditions éprouvantes.

La vétusté des équipements, les pannes fréquentes et consécutives font que le contrôleur dépend entièrement de ses propres capacités, soit son expérience et ses compétences professionnelles pour gérer les flux de trafic et assurer la sécurité des avions et de son espace aérien. Sous stress et anxiété, la santé mentale en prend un coup, la concentration et le rendement diminuent.Le contrôleur n’a pas le droit à l’erreur, car une simple faute pourrait coûter des dizaines de vies.

Arbitraire

Nonobstant qu’ils appartiennent au même classement que l’aéroport Houari Boumediène d’Alger, les aiguilleurs de Hassi Messaoud ne bénéficient donc pas des mêmes privilèges et se sentent victimes de discrimination et d’iniquité. Ils multiplient les lettres de doléances au ministre des Transports, l’une datée du 7 décembre 2013 et l’autre du 19 juin 2014, dans lesquelles ils sollicitent son intervention afin de résoudre le problème qui pèse lourd et qui préoccupe pratiquement tous les contrôleurs de l’aéroport de Hassi Messaoud.

L’application de l’article relatif à la réduction du temps légal de travail a suscité une grande indignation car cette dernière n’a touché que l’aéroport Houari Boumediène d’Alger dont le temps de travail a été réduit à 32 heures par semaine malgré le nombre important d’effectif qui compte 89 contrôleurs et l’opulence de moyens technologiques sophistiqués, tels que la fréquence radio, le téléphone, les radars d’approche et de sol ATIS et une station météo automatique, etc., alors que 32 contrôleurs seulement à Hassi Messaoud assurent, à la fois, l’approche, l’aérodrome et la responsabilité de vacation avec des moyens disproportionnés. A cela s’ajoutent les conditions météorologiques rudes dépassant les 47° à l’ombre. Le silence des autorités est accablant.

Des tentatives de casser la grève par la convocation de contrôleurs des autres aérodromes avec prise en charge totale témoignent d’une volonté de laisser pourrir une situation qui pourrait pourtant être réglée par la simple application de la réglementation.

Les responsables de l’ENNA viennent d’interdire, de surcroît, aux contrôleurs de Hassi Messaoud d’entrer dans la base vie, les privant ainsi de prise en charge en ce mois du Ramadhan.

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