Guingamp : Colère des salariés de Daunat

Le Télégramme, 17 mai 2011 :

La coupe déborde. Hier matin, une centaine de salariés de Daunat a débrayé pendant deux heures. Le personnel de cette usine spécialisé dans les sandwiches dénonce ses conditions de travail et des salaires au plus bas.

«Ici, on travaille pour survivre», témoigne cette salariée à la porte de l’entreprise Daunat (sandwiches), qui est basée dans la zone de Bellevue à Saint-Agathon. Hier matin, une centaine de salariés a décidé de manifester son ras-le-bol en débrayant deux heures, de 11h à 13h. Devant les grilles de l’usine de Saint-Agathon, les langues se délient. «On n’a aucune reconnaissance. Ils continuent de supprimer nos primes. On est en bas de l’échelle».

«On est surexploité»

Les salariés évoquent «des conditions de travail qui se dégradent». Chez Daunat, «l’organisation du travail» serait «catastrophique» pour ce deuxième salarié, qui n’est plus très loin de la retraite. «On est surexploité», ajoute une jeune femme. «La prime d’ancienneté de 5% a été fondue dans le salaire de base. Comme la prime de froid. On paie aussi notre demi-heure de pause. Nous n’avons aucune prime de vacances». Les salariés vident leur sac. «Les conditions salariales régressent. Il n’y a pas de valorisation du personnel». À l’entrée principale du site, ils sont une soixantaine. Deux autres groupes sont postés à l’entrée et à la sortie des camions. Deux poids lourds mettent leurs clignotants sans pouvoir passer. Au bout de dix minutes, un message arrive à celles qui sont assises au milieu du passage: «On a le droit de faire la grève mais pas de bloquer les camions», déclare une jeune femme. Lemessage vient de Bruno Mérel, le directeur de l’usine de Saint-Agathon. Rapidement, la voie est libérée.

Une liste précise des revendications

Le directeur du site accepte de recevoir une délégation du personnel. Sandrine Le Vern, déléguée du personnel, y participe. Chez Daunat, on ne manifeste pas à la légère. Le dernier débrayage remonte à 2009. «C’était déjà pour les salaires. Depuis rien n’a changé», se rappelle un salarié. «On gagne juste un peu plus que le Smic. Même au bout de quinze ans. La moyenne des salaires, c’est 1.100 à 1.200 €». À la sortie de la réunion avec la direction de Saint-Agathon, Sandrine Le Vern déclare: «On va reprendre le travail. On a expliqué en gros à Bruno Mérel ce qui n’allait pas. Une nouvelle réunion a été fixée à vendredi. Onva aborder avec le Comité d’hygiène et sécurité au travail tout ce qui touche à l’organisation du travail». Les salariés vont rédiger une liste précise de leurs revendications pour cette deuxième rencontre. «Bruno Mérel nous a écoutés. Ila été surpris que l’on débraie». Un débrayage avant la discussion! La méthode peut surprendre mais dénote un mécontentement en profondeur. Un message que la direction de Daunat a forcément enregistré. «Les gens ont repris le travail. Le dialogue va se poursuivre cette semaine. On continue le dialogue social», déclare Daunat Bretagne, qui ne souhaite pas faire plus de commentaires.

Une réponse à “Guingamp : Colère des salariés de Daunat

  1. Votre actualité se recoupe particulièrement avec celle des entreprises de la distribution à un point qui est étonnant !
    http://www.carrefouruncombatpourlaliberte.fr/category/actualite-de-carrefour/

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