Intermittents : malgré un médiateur, grève reconduite à Montpellier

Le Parisien, 8 juin 2014 :

La nomination du député PS Jean-Patrick Gille comme médiateur dans la crise des intermittents est «une brèche qui s’ouvre» mais qui, pour autant, «ne fait pas cesser le mouvement, au contraire». C’est ce qu’a indiqué, dimanche, le secrétaire général de la CGT spectacle, Denis Gravouil, soulignant le préavis de grève national déposé pour tout le mois de juin pour forcer le gouvernement à ne pas signer la future convention chômage réformant leur régime.

Le 28ème Printemps des Comédiens à Montpellier «vient de reconduire la grève pour 48 h», donc jusqu’à mardi, et «au fur et au mesure de la semaine, on va avoir d’autres annonces de grève» qui sont déjà décidées à Thionville, Boulogne-sur-Mer et Toulouse, a-t-il indiqué. Le mouvement des intermittents est soutenu par de nombreux artistes, dont Jean-Pierre Darroussin, Robert Guédiguian, Michel Hazavanicius, Christophe Honoré, Agnès Jaoui et autre Cédric Klapisch…

Le médiateur a 15 jours pour sauver les festivals

Samedi soir, les intermittents, désormais largement soutenus par le monde du spectacle, ont occupé brièvement l’Opéra Bastille, retardant la représentation de «La Traviata». La mission confiée par le Premier ministre à Jean-Patrick Gille semble difficile dans ce contexte tendu, à quelques semaines des grands festivals d’été. Car la convention chômage contestée doit être examinée le 18 juin par le Conseil national de l’emploi, avant une signature projetée fin juin par le ministre du Travail. Et le médiateur devrait remettre ses propositions au gouvernement «sous les 15 jours».

Sans fermer la porte au dialogue, le responsable CGT a, cependant, salué «le travail sérieux» que Jean-Patrick Gille a mené l’an dernier en tant que rapporteur d’une mission d’information parlementaire sur les conditions d’emploi dans les métiers artistiques. D’après lui, le député avait «montré qu’il y a une grande paupérisation et que les revenus baissent».

La nouvelle convention chômage, validée le 22 mars par trois syndicats (CFDT, FO et CFTC) et le patronat (dont le Medef), prévoit des économies sur le régime d’indemnisation des techniciens et des artistes du spectacles. «Si le texte est signé, je ne sais pas ce qui se passera» sur les festivals d’été. «C’est ce qui s’est passé en 2003. Il risque d’y avoir une colère de plus en plus grande», a averti le syndicaliste, faisant référence au dernier grand mouvement des intermittents qui avait entraîné l’annulation de grands festivals comme Avignon ou Aix. Pour Matignon, il faut sauver les festivals.

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