Grève à l’hôpital du Bailleul : « On se sent méprisés »

Les Nouvelles de Sablé, 5 février 2015 :

250 salariés du Pôle Santé Sarthe et Loir du Bailleul ont fait grève de 12h30 à 15h30, jeudi 5 février. Ils souhaitent obtenir de meilleures conditions de travail.

“On se bat pour nos patients. Nos conditions de travail sont déplorables, on nous rappelle sur nos temps de repos pour venir travailler. Ils veulent diminuer le nombre de lits alors qu’il n’y en a déjà pas assez. On n’a plus de vie privée, on n’est pas des machines. Comment faire de l’humain sans moyens ?”

Comme Véronique Crieloue, aide-soignante en pneumologie, et Cécile Oliel, infirmière en cardiologie, près de 250 salariés du Pôle Santé Sarthe et Loir, sur 600 agents de l’hôpital, ont manifesté ce jeudi 5 février, entre 12h30 et 15h30. Un “ras-le-bol” général qui touche tous les services de l’hôpital.

Un mouvement intersyndical

“Le conflit est sous-jacent depuis quelques mois”, explique Muriel Lala, trésorière du syndicat Sud Santé Sociaux. “Tout est parti d’une restructuration du service de médecine. et un plan de retour à l’équilibre demandé par l’agence régionale de santé (ARS). On nous a dit, au départ, qu’il fallait restructurer les services de médecine pour une meilleure prise en charge des malades. Sauf que la raison est avant tout économique. Le mouvement d’aujourd’hui est intersyndical et a été réclamé par le personnel.”

Diminution des effectifs, augmentation du nombre de patients à prendre en charge, glissement des fonctions d’un poste à un autre, moins de personnel le week-end, assignation lors des jours de congés par combler le manque de personnel… Les salariés sont en colère et le font savoir.

Malgré l’instauration de groupe de travail direction-salariés pour évoquer ce projet de restructuration, ils se sentent incompris et “méprisés. Des collègues sont sortis en pleurant de ces groupes. Elles avaient compris que le dialogue n’était pas possible. On nous avait promis la transparence, mais ce n’est pas le cas”, ajoute Alain Cadeau, secrétaire de la CGT. Un point de vue partagé par Christiane Pottier de la CFDT Santé sociaux.

Une suppression de lits en prévision

De son côté, la direction assure comprendre les raisons de cette colère. “On comprend ce qui les a amenés à exprimer ce désarroi”, commente Gwenaël Godin, directeur.

“Nous sommes dans un contexte où un retour à l’équilibre est demandé par l’ARS. Ce qui amène une réorganisation des unités de soin. Ce changement crée une incompréhension. On n’est pas surpris.”

Une vingtaine de réunions ont été organisées, “mais comme tout dialogue social, c’est difficile. Parfois, on pense s’être compris, mais ce n’est pas le cas. L’hôpital fonctionne, il y a des attentes fortes de l’ARS et l’un de leurs objectifs est clair : nous devons obtenir un retour à l’équilibre financer”, continue-t-il, en évoquant les emprunts toxiques.

Le projet prévoit de passer de 98 à 90 lits en médecine, qui compte quatre services. “On passerait alors à trois services et sept postes en moins”, complète Annie-Laure Desprez, directrice des ressources humaines.

“A terme, l’ambulatoire et l’hospitalisation à domicile pour certains cas seront plus fréquents. Cela peut générer des inquiétudes, mais surtout, cela demande de se réajuster. Et pour les équipes, ces contraintes modifient les conditions de travail. C’est la même situation dans tous les hôpitaux.”

Quant au fait que les salariés sont rappelés sur leur temps de repos, la direction assure que c’est une situation temporaire, liée aux absentéisme dus aux épidémies de grippe et de gastro-entérite.“Et il faut 48 à 72 heures pour recruter quelqu’un en intérim. Nous, on a l’obligation d’assurer les soins 24 heures sur 24. Alors nous sommes obligés d’assigner le personnel”, justifie la directrice des ressources humaines.

Une nouvelle réunion est prévue lundi 9 février. “Nous sommes loin d’avoir épuisé le dialogue. On comprend la réaction du personnel car ils sont attachés à la qualité des soins et aux conditions de travail décentes. Comme nous. On ne prend aucun plaisir à réduire les effectifs.”

Publicités

Une réponse à “Grève à l’hôpital du Bailleul : « On se sent méprisés »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s