Ils n’ont pas honte !

Article publié par l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Ce lundi 1 décembre, les patrons manifestent dans plusieurs villes à l’appel de la CGPME et de l’UPA, tandis que le MEDEF lance une campagne « libérons l’entreprise » et des réunions de militants. Petits ou grands patrons dénoncent par cette mobilisation le code du travail, les conventions collectives et autres droits des salariés. A les entendre, le patronat serait « bridé » par le code du travail. Quelle honte ! Quelle indécence !

Non seulement depuis des années, gouvernements et patronat remettent en cause l’ensemble de nos droits de travailleurs, mais dans bien des boîtes faire respecter un minimum le code du travail et les conventions collectives est un combat de longue haleine. Lorsque l’on milite dans une union locale syndicale et/ou que l’on a un mandat de conseiller du salarié, on peut voir à quel point les patrons imposent leur dictature sans le moindre respect du code du travail. Que ce soit dans les services, l’industrie ou le bâtiment, c’est quotidiennement que les droits les plus basiques des salariés sont bafoués.

Dans telle boîte du BTP, un ouvrier n’a aucun droit aux allocations chômage après avoir subi des mois de travail dissimulé. Dans une autre, un travailleur montre, plannings à l’appui, que le patron impose de récupérer les jours fériés et les périodes de chômage-intempéries. Dans une usine, une ouvrière est licenciée sur des prétextes aussi vaseux que « n’en fait qu’à sa tête ». Dans une entreprise du nettoyage, la direction fait signer à une travailleuse immigrée qui ne lit pas le français un avenant pour lui faire baisser son temps de travail à moins de 10 heures par semaine. Dans le secteur de l’aide à la personne, une employée est licenciée… sans même avoir reçu de lettre de licenciement. Un travailleur de la restauration qui réclame des salaires impayés se voit menacé physiquement par des gros bras envoyés par le patron. Ne parlons pas non plus des accidents de travail causés par l’absence de mesure de sécurité ou des salariés atteints de dépression à cause de la pression et de la souffrance au travail. Heures supplémentaires ou même salaires non-payés, licenciements et CDD abusifs, attestations pôle emploi ou feuilles de salaires qui ne sont pas remises… voilà le quotidien pour de nombreux travailleurs et travailleuses. Et encore, ce qui est constaté dans une union locale syndicale n’est que la partie immergée de l’iceberg, bien des travailleurs dont les droits sont bafoués quotidiennement ne poussent pas la porte d’une organisation syndicale.

Et lorsque des travailleurs tentent de s’organiser pour faire valoir leurs droits, les patrons utilisent tous les moyens, harcèlement moral, délits d’entrave, discriminations anti-syndicales, tentatives de licenciements ou pressions pour pousser à la démission, mises au placard, etc… pour briser la résistance et l’organisation ouvrières. Dans une entreprise de nettoyage, après que l’inspection du travail ait refusé le licenciement d’un délégué du personnel, la direction est allée jusqu’à verser avec plusieurs jours de retard les salaires aux syndiqués et sympathisants CGT. Plusieurs ouvriers et ouvrières ont été menacés d’être licenciés s’ils adressaient la parole au délégué. Dans une usine plasturgique, la direction a même annulé le repas du personnel après que les ouvriers aient élu un DP CGT. Dans bien des boîtes, on empêche de prendre ses heures de délégation sans compter les brimades quotidiennes pour faire craquer les militantes et les militants.

Et pour faire respecter ces droits basiques, il faut à chaque fois mobiliser toute son énergie. Écrire à l’inspection du travail, saisir les prud’hommes, soutenir les copains et copines parfois brisés par l’oppression patronale, et lutter encore et toujours pour parfois remporter des petites victoires indispensables à la dignité ouvrière.

Alors oui, les patrons qui se plaignent d’être « bridés » par le code du travail n’ont aucune honte ! Quotidiennement, nous subissons leur dictature… et ce qui est à souhaiter c’est que des milles et uns combats quotidiens de la classe ouvrière surgisse une colère générale. C’est à nous les travailleuses et les travailleurs, à nous qui produisons toutes les richesses, que doit revenir le pouvoir tant politique que dans l’entreprise. Avec la fin de leur dictature, les patrons sauront alors vraiment ce que veut dire « être bridés » !

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