Commerces à Paris : mobilisation le 15 septembre contre le travail le dimanche

Le Parisien, 8 septembre 2015 :

C’est la bête noire des grands magasins et autres supérettes qui font travaillent sept jours sur sept, le Comité de liaison intersyndicale du commerce de Paris, ou Clic-P. Ce collectif, qui regroupe quelque 150 élus syndicaux (CGT, Unsa, Sud) et salariés de grandes enseignes de la capitale (Printemps, Galeries Lafayette, BHV, Fnac…), s’est mis d’accord ce mardi sur un « calendrier de lutte » contre ce qu’il nomme « la déréglementation en bonne et due forme du travail dominical » prévue par la loi Macron.

Une première mobilisation est d’ores et déjà annoncée pour le 15 septembre, date à laquelle le Clip-P doit rendre son avis sur la loi. Devraient suivre deux autres manifestations au moins, les 8 et 15 octobre, pour des hausses de salaires et l’emploi.

Une question de zones

Le volet travail dominical de la loi Macron prévoit le passage de cinq à douze dimanches ouverts par an pour toutes les communes. Mais c’est la mise en place et surtout la définition et le dessin de zones touristiques et commerciales à Paris qui nourrit la colère des salariés.

Dans les zones touristiques internationales (ZTI), au nombre de douze, les magasins pourront ouvrir, à partir du 1er janvier, tous les dimanches et en soirée. Mais selon le Clip-P, ces ZTI dessinées par le ministre de l’Economie vont « bien au-delà des périmètres de fortes fréquentations touristiques internationales ». Selon l’intersyndicale, l’argument touristique a « servi de prétexte à l’élaboration de la loi ».

Concernant les grands magasins, les décrets d’application de la loi Macron, adoptée le 10 juillet par recours à l’aticle « 49-3 », donc sans vote, ne sont pas encore publiés. Mais leur exécution pourrait s’avérer plus difficile que prévu dans les grands magasins classés en ZTI, censés pouvoir ouvrir tous les dimanches. Et ce, en particulier au Printemps et aux Galeries Lafayette. Comme précisé par la loi, les dirigeants des enseignes du boulevard Haussmann doivent obtenir l’accord des syndicats avant toute ouverture dominicale.

L’extension aux gares et aux « zones touristiques et commerciales » ne se limite plus à certaines gares « au fort trafic international » ou centres commerciaux régulièrement fréquentés par des touristes, comme initialement annoncé. Ainsi le Clip reproche à Bercy d’avoir étendu le dispositif aux gares Saint-Lazare et d’Austerlitz, dont le trafic est seulement « domestique. » Lettre au vitriol d’Hidalgo à Macron

Dans une interview au « Parisien-Aujourd’hui » vendredi, la maire de Paris avait estimé qu’elle n’avait « pas été entendue dans cette affaire par Monsieur Macron. J’ai même été maltraitée », affirmait-elle. Anne Hidalgo voit notamment d’un très mauvais œil les périmètres de ZTI dessinées par Bercy, s’étonnant du « nombre et de l’étendue » de ces zones touristiques internationales. Celles-ci révèlent, selon elle, le «fantasme d’une ville entièrement dédiée à un tourisme consumériste ».

Dans une lettre au ton particulièrement vif envoyée au ministre de l’économie, Anne Hidalgo a d’ailleurs annoncé son intention de poser «prochainement» une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur l’ouverture dominicale des commerces parisiens.

Le Clic-P prévoit de son côté également des recours en justice dès la parution des textes. Car dans le débat sur le travail de nuit et le repos dominical, le collectif se distingue par la guérilla judiciaire qu’il poursuit sans relâche depuis trois ans.

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