Archives de Tag: prostitution

– «On ne peut scinder la prostitution de la traite des personnes à des fins sexuelles» (Interview avec Manfred Paulus)

Je ne rencontre des prostituées volontaires qu’en un seul endroit : dans les talk-shows. Lire la suite

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C’EST LE CLIENT QUI EST COUPABLE, PAS LA PROSTITUÉE

Article publié dans notre bulletin Communisme ouvrier n°65 de mai 2016

La nouvelle loi française sur la pénalisation des clients de la prostitution a un grand mérite. Elle délivre clairement un message à la société : le client est coupable et la prostituée ne l’est pas. La France est le cinquième pays d’Europe à adopter cette mesure. Cela correspond à une revendication du mouvement abolitionniste, qui est la position traditionnelle du mouvement ouvrier révolutionnaire.

sur le bras de la survivante Mia de Faoite est tatouée la date où elle a quitté la prostitution

La loi sur la pénalisation des clients avait contre elle une coalition de réactionnaires affichés, de conservateurs sexistes, notamment au Sénat, et de gauchistes, pour qui le dernier chic de la radicalité est de défendre l’esclavage sexuel. Ces derniers sont parvenus, ces dernières années, à abriter leur antiféminisme derrière la défense de la prostitution, et à mener un travail de lobbying dans des associations autrefois abolitionnistes. Contre cette loi, ils mettent l’accent sur le risque que la pénalisation ne contraigne les prostituées à se faire plus discrètes, donc moins accessibles pour les associations de soutien social et médical.

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« Dépénaliser les prostitué(e)s, pénaliser les acheteurs de sexe! »

abolitionprostitution

Si la dépénalisation des personnes prostituées et la pénalisation des
acheteurs de sexe ne remplacera pas une politique volontaire et globale
contre les violences faites aux femmes et pour leur émancipation
économique, sociale, politique et sexuelle, elle est une étape
indispensable qui permet de remettre les responsabilités à leur place.
Ce ne sont pas les personnes précaires et/ou victimes de réseaux mafieux
qui sont coupables de l’oppression patriarcale et capitaliste, mais bien
les hommes qui achètent l’usage d’un corps humain comme ils le feraient
d’un objet. Lire la suite

La prostitution, atteinte globale à la dignité humaine

Article publié dans « Communisme-Ouvrier n°57« , bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Depuis de longues années, les « entrepreneurs » du marché du sexe font pression pour obtenir une reconnaissance économique de la prostitution, et de toutes les formes d’activités qui y sont associées, comme « travail sexuel ». L’orientation prise par Amnesty international en août intervient ainsi dans la continuité d’une tendance plus générale à légitimer la prostitution en tant que travail.

Dans sa « Ligne de conduite relative à l’obligation des États de respecter et protéger les droits humains des travailleurs et travailleuses du sexe et de les laisser exercer ces droits », le bureau international d’Amnesty sous-estime gravement les violations et la violence que les personnes prostituées subissent.

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Tel Aviv: manifestation après le suicide d’une prostitutée

I-24, 23 août 2015 :

Environ 600 personnes ont manifesté samedi soir près d’un bordel à Tel Aviv après le suicide d’une prostituée qui y travaillait, rapporte dimanche le quotidien Haaretz.

TelApros

Naomi Ze’evi-Rivlin, qui dirige le programme Saleet pour la réhabilitation des anciennes prostituées, a déclaré à Haaretz que la manifestation était la première du genre en Israël.

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Le mythe des « premiers concernés » : quelques notes critiques sur la politique du PIR et du STRASS

Texte ayant servi de base de discussions lors de la rencontre d’été 2015 de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Toute une mouvance, comme le PIR ou le STRASS, tentent de justifier leur politique en se présentant comme la seule voix légitime des « premiers concernés », discours qui est malheureusement parfois repris par certains à l’extrême-gauche. Ainsi, concernant le terme « d’islamophobie », Saïd Bouamama écrit : « Le choix des termes « racisme anti-Arabe » et « anti-Noir » n’est bien entendu pas neutre. Il constitue en premier lieu le refus d’utiliser les termes que les premiers concernés ont choisis pour désigner la réalité des discours et actes qu’ils subissent. Il suffit de lister le nom de quelques organisations militantes agissant sur cette question pour s’en convaincre : « Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI), Brigade Anti-Négrophobie (BAN), Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), etc. ». Ce genre de propos, nous l’avons déjà entendu de la part de camarades d’extrême-gauche, justifiant l’utilisation du terme ambiguë d’islamophobie, sous prétexte que ce serait « le terme choisi par les premiers concernés ».

Notons tout d’abord, concernant le terme « islamophobie », que dans notre pratique avec des « ouvriers indigènes » ou auprès de sans-papiers, nous n’entendons que très rarement ce mot. Au contraire, nous entendons bien plus souvent des ouvriers se plaindre du racisme d’un chef, d’un patron ou de collègues, du racisme de l’administration lors de la demande ou du renouvellement d’un titre de séjour, ou même du racisme ambiant dans la société, que de « l’islamophobie ». De plus, il convient de préciser que le PIR ne saurait en aucun cas se présenter comme une organisation représentative des « indigènes ». La grande majorité des « indigènes » ne connaît même pas l’existence du PIR, très peu se définissent même sous ce terme « d’indigènes », et il y a bien plus de travailleurs maghrébins, noirs ou originaires des DOM-TOM, organisés à la CGT qu’au PIR. Mais cela n’empêche pas le PIR de chercher à se présenter comme la seule organisation représentative des « indigènes », accusant celles et ceux qui le critiquent ou ne partagent pas sa politique, lorsqu’il s’agit de personnes noires ou maghrébines, de « trahison », terme utilisé par exemple contre Sophia Aram dans un texte du PIR.

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Prostitution : « Je ne suis personne. Je suis déjà morte 20 fois, 30 fois »

Le Nouvel Observateur, 13 juin 2015 :

La journaliste Sophie Bouillon, prix Albert-Londres, publie un document choc sur le sexe tarifé. Partie sur le terrain sans préjugés, elle en revient avec un impressionnant voyage au bout de la nausée. Extraits.

Dans un livre coup de poing, « Elles. Les prostituées et nous » (éd. Premier Parallèle), la journaliste Sophie Bouillon, prix Albert-Londres en 2009, donne la parole à celles qui la pratiquent, à celles que la société ignore ou méprise, aux « survivantes » qui s’en sont sorties, mais aussi aux clients qui la consomment.

Une enquête de longue haleine menée du Nigeria aux fourrés du bois de Boulogne, des salons au décor colonial de Genève aux bars à néons de Pigalle, qui jette une lumière crue sur le business du sexe : « Quoi qu’en disent les grands défenseurs de la libéralisation sexuelle, les habitués des hôtels de luxe et des soirées libertines, la prostitution est rarement heureuse. »

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