Archives de Tag: marxisme

La séparation du MEDEF et de l’Etat… c’est le pouvoir ouvrier

Article publié par l‘Initiative Communiste-Ouvrière :

Un slogan fleurit dans nos manifestations, celui de « séparation du MEDEF et de l’Etat ». Il n’y a en effet pas besoin de faire de longs développements pour démontrer que, de droite comme de gauche, les gouvernements successifs ne sont que les serviteurs du patronat. Si, ces dernières années, faute de rapport de force significatif permettant d’imposer des revendications ouvrières, cela est particulièrement visible, ce n’est pas nouveau.

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Le MEDEF aujourd’hui s’appelait hier CNPF ou avant-hier Comité des Forges, et au-delà des noms de l’organisme patronal, c’est bien la bourgeoisie, c’est-à-dire la classe qui détient les moyens de production, qui tient et ce depuis plus de deux siècles, les rênes du pouvoir d’Etat en France. La révolution française de 1789 a incontestablement eu aussi un caractère populaire et a même pu avec Babeuf élaborer un programme proto-communiste. Mais la classe qui a pris le pouvoir et remplacé ainsi la vieille aristocratie féodale, c’est bien la bourgeoisie. La première loi sur le travail fut d’ailleurs la loi Le Chapellier qui interdisait toute forme d’organisation ouvrière. Quant à l’instauration définitive de la république en France, elle s’est faite sur les cadavres de la Commune de Paris de 1871.

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Berlin, Potsdamer Platz, 1er mai 1916 : A bas la guerre ! A bas le gouvernement !

Berlin 1er Mai 2016 : Contre la guerre, prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

Depuis août 1914, l’opposition à la guerre ne cesse de s’affirmer. Le 2 août 1914, lors de la réunion du groupe parlementaire social-démocrate, 14 députés – sur 92 présents – se prononcent contre le vote en faveur du budget de la guerre. Mais lors du vote le 4 août au Reichstag, ils se plient à la discipline du parti : les crédits militaires sont votés à l’unanimité. Le même jour, Rosa Luxemburg rassemble chez elle quelques personnalités social-démocrates de gauche pour envisager la façon de mener la lutte contre la guerre.

Le 2 décembre 1914, lors d’un vote sur une rallonge budgétaire pour le financement de la guerre, un seul député s’y oppose : Karl Liebknecht. L’exposé des motifs qu’il envoie au président du Reichstag (et que celui-ci refuse de publier) commence ainsi : « Cette guerre qu’aucun des peuples concernés n’a lui-même voulue n’a pas été déclenchée pour le bien-être du peuple allemand ou d’un autre peuple. C’est une guerre impérialiste, une guerre pour la domination capitaliste du marché international, pour la domination politique de régions importantes pour le capital industriel et financier. »

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18 mars 1871 : Proclamation de la Commune de Paris

Alors que gouvernement et patronat veulent nous ramener au XIXème siècle, il est intéressant de revenir sur les luttes révolutionnaires qui ont fait la force du mouvement ouvrier.

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Le 18 mars 1871, alors que Tiers veut désarmer la garde nationale, la population de Paris se soulève et proclame la Commune de Paris. Ce sera la première expérience d’exercice du pouvoir par la classe ouvrière, réprimée dans le sang le 28 mai 1871.

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Marx et Lénine best-sellers à Téhéran

Selon une dépêche de l’agence INRA datée du 31 décembre 2015, on trouve plusieurs livres en référence à Marx et Lénine dans le top 10 des ventes des librairies de Téhéran de la deuxième quinzaine de décembre.

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Si les trois livres les plus vendus sont des romans (« Dans le Jardin de la bête » d’Erik Larson en tête, suivi par le dernier roman de Kevan Arizaghi et un recueil de nouvelles d’Isaac Bashevis Singer), la quatrième place revient à un recueil de textes philosophiques de Lénine sur Hegel, suivi de deux livres sur Marx traduits de l’anglais : le livre de Peter Hudis « La conception de Marx de l’alternative au capitalisme » (Marx’s Concept of the Alternative to Capitalism) en cinquième position et « Le Marx tardif et la voie russe » (Late Marx and the Russian Road) de Teodor Shanin en sixième position.

Nouvelle série de brochures

L’Initiative Communiste-Ouvrière vient de publier une nouvelle série de brochures.

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« A bas l’infâme régime social qui engendre de pareilles horreurs ! »

Texte de Rosa Luxembourg (extraits de « Dans l’asile de nuit) publié dans « Communisme-Ouvrier n°50« , bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Chaque année avec l’arrivée du froid, les dépêches se lancent dans le décompte sordide des morts de sans-abris. Oubliant qu’on meure dans la rue aussi l’été, mais de façon moins visible, les mêmes, comme Valls, qui imposent les logiques d’austérité jusque dans l’hébergement d’urgence, appellent avec toute l’hypocrisie dont sait faire preuve la société bourgeoise, à la « générosité ».
Cette année, alors que résonnaient encore les vœux de bonne année, Francesca, une fillette Rrom de 2 mois et demi, est morte dans les bras de sa mère à la gare de Lille-Flandres. Selon les services sociaux, la famille « avait été repérée comme vulnérable en raison de la présence d’un nourrisson, et signalée pour obtenir un hébergement. Mais il n’y avait pas de place. »
Voilà la société bourgeoise, dans un des pays les plus riches du monde, dans un pays capable de secourir d’urgence 15.000 « naufragés de la route » mais incapable d’offrir, ne serait-ce qu’un endroit chauffé à une famille et un bébé, dans toute son horreur.
L’article de Rosa Luxembourg publié le 1er janvier 1912 après la mort de plusieurs dizaines de sans-abris à Berlin résonne, encore aujourd’hui, d’une cruelle actualité :

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Personne n’ignore qu’il existe des asiles de nuit, des mendiants, des prostituées, une police secrète, des criminels et des personnes préférant l’ombre à la lumière. Mais d’ordinaire on a le sentiment qu’il s’agit là d’un monde lointain et étranger, situé quelque part en dehors de la société proprement dite. Entre les ouvriers honnêtes et ces exclus, un mur se dresse et l’on ne pense que rarement à la misère qui se traîne dans la fange de l’autre côté de ce mur. Et brusquement survient un événement qui remet tout en cause : c’est comme si dans un cercle de gens bien élevés, cultivés et gentils, au milieu d’un mobilier précieux, quelqu’un découvrait, par hasard, les indices révélateurs de crimes effroyables, de débordements honteux. Brusquement le spectre horrible de la misère arrache à notre société son masque de correction et révèle que cette pseudo-honorabilité n’est que le fard d’une putain. Brusquement sous les apparences frivoles et enivrantes de notre civilisation on découvre l’abîme béant de la barbarie et de la bestialité. On en voit surgir des tableaux dignes de l’enfer : des créatures humaines fouillent les poubelles à la recherche de détritus, d’autres se tordent dans les affres de l’agonie ou exhalent en mourant un souffle pestilentiel.

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Chômage et capitalisme

Formation de l’Initiative Communiste-Ouvrière sur le chômage et le capitalisme :

Programme communiste de 1919

Le poids de décennies de stalinisme et de réformisme sur le mouvement ouvrier ont contribué à vider de toute leur substance radicale et révolutionnaire les termes de socialisme ou de communisme. Aussi, nous publions ici le programme du Parti Communiste, section française de l’Internationale Communiste, de 1919. Rédigé par la Commission du Comité de Défense Syndicaliste, ce manifeste a été adopté à l’unanimité par le C.D.S. réuni extraordinairement le 30 mai 1919. Dans les grandes lignes, ce programme reste celui des révolutionnaires communistes près d’un siècle plus tard.

La classe ouvrière française révolutionnaire, constatant que l’Internationale officielle n’a pas su rester fidèle à ses doctrines, décide la fondation du parti communiste se rattachant à la 3° Internationale qui s’est déjà réunie à Moscou.

Elle envisage la dictature momentanée du prolétariat remplaçant la dictature de la bourgeoisie jusqu’à la réalisation totale du communisme.

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Pourquoi nous nous définissons comme communistes-ouvriers ?

Article publié par l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Parmi les camarades que nous côtoyons au sein de l’extrême-gauche, certains se demandent pourquoi nous nous définissons « communistes-ouvriers ». Pour certains camarades ce terme de « communisme-ouvrier » serait redondant puisque le communisme est par définition le mouvement de la classe ouvrière. D’autres considèrent qu’en se définissant ainsi on risque de se limiter à l’expérience et aux apports théoriques des camarades des partis communistes-ouvriers d’Iran et d’Irak. Ce petit texte vise à expliquer pourquoi nous nous définissons communistes-ouvriers.

Un peu d’histoire

Dans Le Manifeste du Parti Communiste, Marx et Engels se sont efforcés de différencier le communisme, c’est à dire le socialisme prolétarien, de tout un tas de courants socialistes non-prolétariens. Dans la première moitié du XIXème siècle, bien des couches et classes sociales se sentaient menacées par la mise en place de la société capitaliste et élaboraient ainsi des programmes et des idéologies de transformation sociale basées sur leurs propres intérêts et visions du monde. Cela dit, les premiers partis ouvriers qui se sont constitués à la fin du XIXème / début du 20ème siècles se sont appelés « socialistes » ou « social-démocrates ». Après la trahison de la grande majorité de ces partis (ainsi que de dirigeants anarchistes et syndicalistes) qui ont rejoint par nationalisme l’Union Sacrée avec la bourgeoisie et après la victoire de la Révolution d’Octobre 1917, un nouveau nom s’est imposé pour les partis ouvriers révolutionnaires, celui de « communiste ».

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Bosnie-Herzégovine : Une révolution prolétarienne au cœur de l’Europe ?

Réunion publique en ligne de l’Initiative communiste-ouvrière :

Suite à la grève et aux luttes des travailleurs sans salaires et des ouvriers licenciés de Tuzla, c’est une explosion sociale sans précédent qui traverse la Bosnie-Herzégovine en ce mois de février 2014. La population, dans cette région qui a particulièrement souffert du nationalisme, s’unit au delà des barrières nationale et lutte contre le chômage, les privatisations, la corruption des politiciens, la misère. Dans plusieurs villes, des « plénums » de villes (l’équivalent de nos Assemblées Générales) se mettent en place et élaborent des revendications tant sociales que politiques.

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Ainsi, les ouvriers de Tuzla revendiquent la réouverture de leurs usines ainsi que la garantie du paiement des salaires et de la protection sociale des travailleurs. A Sarajevo, les habitants demandent le doublement des pensions de retraite. A Mostar, c’est le droit à la protection sociale pour tous et en particulier pour les victimes de guerre et leurs familles qui est mis en avant. Au niveau politique, partout, la population bosnienne demande la révocation des élus corrompus, mais aussi la possibilité de vérifier les comptes des municipalités, de réviser le processus de privatisation, et même de mettre le nez dans les comptes des quelques riches qui ont profité de la guerre et des privatisations. Autre revendication essentielle pour les habitants de Bosnie-Herzégovine, la baisse du traitement des élus au niveau du salaire ouvrier moyen. Bref, il s’agit de revendiquer un « gouvernement à bon marché », selon l’expression de Marx à propos de la Commune de Paris, sous contrôle permanent de la population.

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