Archives de Tag: génocide

Croatie: les rescapés des camps dénoncent la fascisation de la société

RTBF, 22 avril 2016 :

La Croatie commémorait ce vendredi la libération du camp de concentration de Jasenovac où des dizaines de milliers de Serbes, de Roms et de Juifs trouvèrent la mort pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais cette année, les cérémonies ont été boycottées par les associations de victimes et d’anciens combattants yougoslaves pour dénoncer la dérive fasciste de la société croate, encouragée selon elles par le gouvernement conservateur.

Comme chaque année, Nadir Dedić et sa femme Fatima sont venus à Jasenovac. Les deux octogénaires sont les derniers rescapés du camp de concentration issus de la communauté tzigane.

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Il y a 70 ans : La « Zigeunernacht »

Ce 2 août 2014, de nombreuses associations rroms et anti-racistes d’Europe commémorent le génocide des Rroms et Sintis commis par les nazis. Cette date du 2 août est celle du souvenir de la « Zigeunernacht » du 2 au 3 août 1944 où les nazis ont décidé de la liquidation du camp des tziganes d’Auschwitz-Birkenau, nuit où 2.897 Sintis et Rroms, hommes, femmes et enfants, ont été exterminés dans les chambres à gaz.

Voir l’article publié en 2013

France / Rwanda : Génocide et complicité

La puissance impérialiste qu’est la France refuse toujours de reconnaître son rôle dans le génocide au Rwanda. Cristiane Taubira devait représenter la France lors des commémorations du génocide, lundi 7 avril. Mais suite aux déclarations du chef de l’État rwandais, Paul Kagamé, dans Jeune Afrique, la France a décidé d’annuler sa participation à ces cérémonies, attendues et préparées de longue date à Kigali.

Paul Kagamé a évoqué dans une interview à Jeune Afrique le rôle de l’Etat français dans le génocide : « Les puissances occidentales aimeraient que le Rwanda soit un pays ordinaire, comme si rien ne s’était passé, ce qui présenterait l’avantage de faire oublier leurs propres responsabilités, mais c’est impossible. Prenez le cas de la France. Vingt ans après, le seul reproche admissible à ses yeux est celui de ne pas en avoir fait assez pour sauver des vies pendant le génocide », nous a-t-il déclaré le 27 mars dernier. « C’est un fait, mais cela masque l’essentiel : le rôle direct de la Belgique et de la France dans la préparation politique du génocide et la participation de cette dernière à son exécution même. » Paul Kagamé estime également que la responsabilité des soldats français va plus loin que ce que la France a toujours admis. « Interrogez les rescapés du massacre de Bisesero en juin 1994 et ils vous diront ce que les soldats français de l’opération Turquoise y ont fait. Complices certes, à Bisesero comme dans toute la zone dite ‘humanitaire sûre’, mais aussi acteurs. »

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Nuit du 2 au 3 août 1944 : La « Zigeunernacht »

Vendredi 2 août, à travers l’Europe, plusieurs initiatives ont eu lieu à l’appel d’organisations Rroms et anti-racistes pour commémorer le génocide perpétré par les nazis à l’encontre des Rroms et Sintis.

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Cette date du 2 août est celle du souvenir de la « Zigeunernacht » du 2 au 3 août 1944 où les nazis ont décidé de la liquidation du camp des tziganes d’Auschwitz-Birkenau, nuit où 2.897 Sintis et Rroms, hommes, femmes et enfants, ont été exterminés dans les chambres à gaz.

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Histoire des Roms de Roumanie : Sept siècles d’oppression

Article qui avait été publié sur le site de l’Initiative Communiste-Ouvrière le 11 août 2010 alors que le gouvernement se lançait dans une campagne raciste contre les Roms.

Les fichages de Roms en France comme en Italie rappellent des périodes les plus sombres de l’histoire en particulier de ce peuple, victime, en Roumanie comme dans de nombreux autres pays d’Europe (comme les stérilisations forcées), d’oppression, de discriminations et même de génocide. Ce texte, écrit fin 2002, permet de revenir sur l’histoire des Roms en Roumanie.

L’esclavage en Valachie et Moldavie [1]

Partis d’Inde entre l’an 800 et 950, on estime que les Roms [2] arrivent dans le sud-est de l’Europe dans le dernier quart du 13ème siècle. Arrivés comme des hommes libres dans la principauté de Valachie, ils apportent avec eux des savoirs-faire artisanaux (en particulier dans le travail du fer) d’Inde et de l’Europe byzantine. Cette venue de travailleurs qualifiés est alors une bénédiction pour les seigneurs valaches et moldaves qui ont besoin d’une force de travail. Les seigneurs féodaux, tout d’abord en dehors de toute base légale, commencent à réduire en esclavage ce peuple. Des mesures de plus en plus sévères sont alors prises par les propriétaires terriens, les seigneurs et les monastères pour obliger cette force de travail à rester sur place. Il est à noter que face à l’esclavage, des Roms ont tenté de fuir vers l’Allemagne ou la Pologne, mais, à cause de leur teint mat, on les considérait comme des « musulmans » et, face aux cruautés qu’on leur infligeait, ils sont repartis se cacher vers les montagnes des Carpates, où ils sont retombés entre les mains des esclavagistes. Les premières traces écrites de cet esclavage date du règne de Rudolf IV en 1331-1355, où les Roms sont décrits comme étant la propriété de monastères et de propriétaires terriens. Mais ce n’est que sous le règne de Basile le Loup de Moldavie (1634-1654) qu’est instituée une loi en quarante points concernant les esclaves Roms. A partir de 1500 d’ailleurs, le terme roumain tsigan devient synonyme d’esclave.

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Le génocide nazi des Tsiganes en URSS occupée (1941-1944)

Il y a environ un an, on se souvient des déclarations racistes de membres du gouvernement à l’encontre des Roms, et depuis les expulsions et Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF) à l’encontre de Roms bien souvent citoyens européens, les expulsions de campements roms et la chasse et discriminations à l’encontre des Roms n’ont pas cessés en France. En Italie aussi, les Roms sont désignés comme bouc-émissaires, et ils sont discriminés et victimes de violences racistes sur tout le continent, en particulier en Roumanie, en Hongrie ou dans l’ex-Yougoslavie. Une des revendications des Roms est la reconnaissance du génocide dont ils ont été victimes dans toute l’Europe par le régime nazi. Dans un article publié en avril 2010 par « Le patriote résistant », Jean-Luc Bellanger  montre l’étendu du génocide Rom par les nazis dans l’URSS occupée de 1941 à 1944.

Estimation du nombre de victime du génocide des Roms dans l'Europe nazie

Le génocide nazi des Tsiganes en URSS occupée (1941-1944)

Les assassinats de masse perpétrés par les nazis dans les territoires occupés de l’Est européen visant les populations tsiganes ainsi que les malades mentaux sont encore peu connus. Des chercheurs allemands ont commencé à explorer les archives russes, ukrainiennes ou biélorusses qui ne manquent pas d’éléments pour attester de ces crimes. (…)

Voici un petit livre, 142 pages, dont le sous-titre est : Rapport d’expertise pour le Centre de documentation et de culture des Sinti et Roma allemands (1). Le président de ce « Conseil central des Sinti et Roma », Romani Rose, explique en introduction le pourquoi de cette étude : l’assassinat des Tsiganes qui se trouvaient durant les années de guerre  dans les territoires du « Reich grandallemand» (Grossdeutscher Reich) est relativement bien connu. Par contre ce qui s’est passé dans les territoires occupés de l’Est européen et dans les pays alliés des nazis reste en grande partie inconnu, et les recherches à ce sujet ont à peine débuté. En particulier les sources soviétiques attestant du génocide contre les Tsiganes ont été presque totalement négligées jusqu’à maintenant. Pourtant il n’a fallu que quelques mois à l’historien allemand Martin Holler, spécialiste de l’Est européen, pour rassembler, par des recherches intensives dans les archives russes et ukrainiennes, quantité de données encore ignorées. C’est le contenu de cet ouvrage.

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