Archives de Tag: Freeport

«Avec Taylor, patron de Titan, c’est toujours la faute du syndicat»

Grève des ouvriers de Titan en 2010 aux Etats-Unis

Interview d’un militant syndicaliste de l’usine Titan de Bryan, 
en Ohio (Etats-Unis) réalisée par la CGT Goodyear Amiens le 27 mars 2013.

Il y a un mois, le pdg de Titan international, insultait les salariés de Gooyear Amiens nord, « de soi-disant ouvriers » menés par des « barjots du syndicat communiste ». Le président du syndicat United Steelworkers of America (USWA), John Vanover, se démarque des élucubrations du PDG de Titan sur les salariés d’Amiens. Dans l’Ohio, les métallos ont écrit « Vive la France » sur leurs casques.

Qu’avez-vous pensé de l’échange de courriers qui a eu lieu entre Maurice Taylor et Arnaud Montebourg ?

John Vanover. On a beaucoup rigolé quand on a vu les lettres de Maurice « Morry » Taylor au gouvernement français. Nous qui travaillons pour lui, nous savons que la réalité est légèrement différente de ce que disent les journaux. Il y a des gars dans l’usine qui ont collé du sparadrap sur leurs casques et ont écrit dessus, au marqueur: «On aime les Français.» Des gars veulent aller acheter des tee-shirts où il y a écrit « Vive la France ». Morry Taylor est le genre de mec à dépenser 200 000 dollars pour vous en voler 10, l’argent n’est pas un problème pour lui. Il dit toujours: «Je ne fais pas de l’humanitaire, je fournis des emplois.» Et il fournit des emplois, en effet, mais parfois il faut se battre pour obtenir un semblant de dignité avec lui. Que ce soit avec General Tire ou Continental ou Titan, on entend ces menaces de produire ailleurs à chaque fois qu’on négocie : « On va vous fermer. Vous n’êtes pas rentables. Je peux produire la même chose pour moins cher au Mexique ou en Chine ! » Ça fait juste partie des lois du marché mondialisé…

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Etats-Unis : Ouvriers en lutte, à l’école des ex-Samsonite

Regards, 30 octobre 2012 :

Le fonds d’investissement créé par Mitt Romney délocalise une usine américaine en Chine. Résultat des courses : 170 licenciements. Mais pour la première fois de leur vie, les employés ont décidé de lutter.

Les anciens ouvriers de Samsonite d’Hénin-Beaumont (France) solidaires de la lutte des travailleurs de l’usine Sensata de Freeport (Etats-Unis)

Mitt Romney a promis la guerre économique à la Chine, mais c’est contre l’ouvrier américain que son fonds d’investissement Bain Capital la livre. L’entreprise passée maître dans l’art de la délocalisation a racheté l’usine Sensata de Freeport près de Chicago en janvier 2011. La sentence n’a pas tardé à être rendue : ses 170 employés seront licenciés le 5 novembre. Non pas que les 500 millions de dollars de bénéfices réalisés au second trimestre par l’usine de fabrication de composants automobile ne permettaient plus de les payer, mais l’attrait d’ouvriers chinois payés 99 centimes de dollars par heure et travaillant 75 heures par semaine, 7 jours sur 7, a été trop grand.

Aucun des ouvriers de l’usine n’est syndiqué. Mais pour la première fois de leur vie, les employés de Sensata ont décidé de lutter. Depuis le 12 septembre, ils se relaient nuit et jour en face de l’usine, où ils ont monté un camp. Ils ont mis Mitt Romney au défi de venir les soutenir, sans résultat. Le candidat Républicain n’est plus à la tête de Bain Capital, mais il profite des millions investis dans ses filiales. Ainsi en 2011, il a fait virer 405 000 dollars (313 000 euros) de ses bénéfices depuis Sensata vers une fondation qui lui appartient, évitant ainsi de payer des impôts.

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