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Union des Municipalités de l’Anatolie du Sud-Est : Appel à des actions de solidarité

Appel de municipalités de l’Anatolie du Sud-Est traduit par Labourstart ce 25 décembre 2015 :

Au cours du conflit armé qui a redémarré dans la région kurde de la Turquie après les élections générales en juin 2015, 186 civils, dont la plupart des femmes et des enfants, sont morts à ce jour, des centaines blessés et des milliers de personnes, arrêtées. Concernant les co-maires (maires adjoints ?) qui sont membres de notre syndicat, 17 d’entre eux sont maintenant aux arrêts, tandis que 25 d’entre eux ont été suspendus de leurs fonctions, 6 d’entre eux étant sous le coup de mandats d’arrêt depuis juillet 2015. Pour mettre fin aux violations des droits de l’homme dans notre région, il est urgent de revitaliser les pourparlers de paix et pour la résolution de la question kurde en Turquie.

Depuis le mois d’août de cette année, en réaction à la résurgence des politiques répressives de l’Etat turc, les assemblées populaires de nombreuses villes et villages kurdes ont exprimé leur exigence pour l’auto-détermination. Ces demandes d’auto-gouvernance, -visant à atteindre une transformation structurelle décentralisée comme opposé au centralisme- ont reçu comme seule réponse, une violence disproportionnée de l’état turc, ordonnée par le gouvernement. Dans les villes kurdes à l’origine des demandes d’auto-gouvernance, en particulier Cizre, Sur, Sil-van, Nusaybin, Dargegit, Silopi et Yüksekova, le gouvernement turc a déclaré un couvre-feu durant plusieurs semaines au cours desquelles des civils ont été tués par les forces de sécurité turques alors que la migration massive des habitants des villes sous couvre-feu continue. L’enterrement des corps des civils tués par l’Etat turc n’est pas autorisé en raison du couvre-feu et ils doivent être gardés plusieurs jours dans les maisons. En plus, des dizaines de civils, visés par des tireurs embusqués turcs ne peuvent faire soigner leurs blessures, l’accès aux soins leur étant refusé par les forces de sécurité. Malheureusement, ces faits sont qutodiens dans les villes mentionnées ci-dessus. En raison des conflits armés en cours, plus de 200.000 personnes ont dû quitter les zones de conflit, et ce nombre augmente de jour en jour. En outre, les sites historiques du district de Sur dans la ville de Diyarbakirqui, reconnus par l’UNESCO comme patrimoine mondial, sont également en danger à cause des affrontements armés. La mosquée Kursunlu et Pasha Hamam, construits au 16ème siècle, ont été ciblés par les forces de sécurité turques et détruits où leur restauration éventuelle semble impossible.

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