Archives de Tag: Assouan

Egypte: le mouvement de grèves continue et change, peu à peu, l’ambiance politique du pays

Les grèves ont démarré début février 2014 dans les usines textiles de la compagnie publique des «tissages et filages» lorsque les ouvriers ont constaté que la hausse du salaire minimum à 1200 LE [152 CHF] promise pour fin janvier par le gouvernement ne concernait que les 4,1 millions de fonctionnaires d’État et non l’ensemble des 7 millions de salariés de la fonction publique, dont eux-mêmes.

Travailleur des transports en grève pour les salaires

Des grèves dans la fonction publique…

La grève de l’usine textile emblématique de Mahalla el Kubra démarrée le 10 février a entraîné à sa suite celles de 9 autres usines du groupe, puis de proche en proche à de nombreux autres secteurs de la fonction publique exclus de cette hausse du salaire minimum: les employés des postes; les salariés des magasins d’État (alimentation ou équipements ménagers); des offices notariaux; des travaux publics des ponts et routes; de l’administration agricole de l’irrigation, de l’eau et de l’assainissement, des semences, de la réforme agraire; de l’industrie d’État (pétrole, industrie ou la réparation navale, centrales électriques); des transports publics; de la voirie et éboueurs; de la banque et des assurances; de l’immobilier; des universités (employés ouvriers, techniciens ou administratifs); des musées; des infirmiers et ouvriers ou employés administratifs ou de surveillance des hôpitaux et des médecins, pharmaciens et dentistes des hôpitaux publics, qui, bien qu’exclus aussi de ces mesures de hausse du salaire minimum, réclamaient pour leur part non seulement son application mais sa hausse à 3000 LE. Enfin, les vétérinaires de campagne s’associaient au mouvement des médecins par une grève nationale le 23 mars suivie à 100% dans les gouvernorats de Marsa Matrouh, Fayoum, Nouvelle Vallée et 49% sur l’ensemble de l’Égypte malgré les appels du syndicat des vétérinaires du Caire et Gizeh à ne pas suivre le mouvement.

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Egypte, 3 mars 2014 : des grèves, des grèves, des grèves…

Pour la seule journée du 2 mars, la presse relève que la grève des postes pour le salaire minimum à 1200 LE et le limogeage des dirigeants s’est étendue à tout le pays. Par exemple, dans le seul gouvernorat de Beni Souef, 42 bureaux de poste étaient en grève sur un total de 106. C’est semble-t-il la déclaration d’un directeur accusant les grévistes de « voyous » qui a mis tout le monde en colère et qui a incité un grand nombre de postiers à entrer en grève. A Minya les postiers ont manifesté en ville. A Kafr el-Sheikh, les postiers ont repris le travail un jour, après 6 jours de grève, parce que de nombreux retraités qui ne pouvaient pas toucher leur pension, stationnaient jour et nuit devant le bureau de poste.

Toujours le 2 mars et pour le salaire minimum et aussi très souvent pour virer les responsables, grève des travailleurs temporaires du ministère de la santé à Qena, grève illimitée des personnels infirmiers, techniciens, ouvriers, administratifs, sécurité à l’hôpital universitaire de Tanta, 5ème jour de grève à l’usine chimique Kima d’Assouan, 2ème semaine de grève à l’usine Shebin el Koum de Menoufya, grève à l’usine des huiles et savons d’Alexandrie, 8ème jour de grève des ouvriers et employés de l’université de Kafr el-Sheikh, grève dans une usine de matériel de Nouvelle Vallée, poursuite de la grève des employés au semences à Kafr el-Sheikh, grève des services d’irrigation à Nag Hammadi comme à Sharqiya où c’est la 3ème semaine de grève, grève à l’usine de verre pharmaceutique de Suez…

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Les grèves continuent en Égypte

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Les grèves continuent en Égypte, cette fois particulièrement dans l’industrie du textile. Les travailleurs et travailleuses de la firme Nasr Spinning and Weaving Company à Mahalla sont en grève depuis le 31 juillet contre le retard de versement de leurs salaires et le non-versement de la prime – pour la période du Ramadan – correspondant à 3 mois de leur «participation au profit». Ils menacent d’entrer dans une grève générale contre le gouvernement qui continue selon eux avec sa politique anti-ouvrière à marcher dans les pas des gouvernements précédents de Moubarak et Morsi.

Depuis 12 jours des revendications similaires sont avancées par les travailleurs et travailleuses d’El Nasr Wool & Select Textiles Company (STA) à Alexandrie, alors que ceux et celles de Misr Spinning and Bayda Dyers à Kafr al-Dawwar en sont à leur quatrième jour de grève.

A Damiette les salariés de Damietta Spining Company sont entrés en lutte sous le nom de Tamarod ( Rébellion) pour les mêmes revendications et dans une déclaration ont exigé le limogeage du conseil d’administration de l’usine.

Ces grèves prolongent celles du 24 juillet des travailleurs de la Compagnie de systèmes d’impression Muharram d’ Alexandrie qui réclament également le limogeage du président du conseil d’administration.

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Egypte 28 juillet, 19 h : loi d’urgence, chaos politique et mobilisation sociale

A l’heure actuelle, même si on voit bien la logique générale, détourner la colère sociale contre les Frères Musulmans, et s’appuyer ensuite sur les violences pour décréter un genre de loi martiale, c’est difficile de savoir ce qui se passe au niveau des massacres, les militaires et les Frères Musulmans mentent autant les uns que les autres. Et surtout ce qui se passe en province, on n’a des infos que du Caire.

On ne peut avoir aucun doute sur les violences de l’armée. Mais sur Twitter, j’ai par exemple pas mal de messages qui signalent des affrontements entre « habitants » excédés et manifestations de Frères Musulmans, qui eux, s’en prennent aux gens qui les insultent au passage dans les rues et les passent à tabac, arrachent les affiches de Sissi sur les magasins et voitures, et brûlent magasins et voitures, tirent sur les églises coptes. Ainsi à Port Saïd aujourd’hui, aux funérailles d’un jeune des Frères Musulmans tué il y a deux jours, le cortège aurait brûlé les magasins coptes, tiré sur les églises, faisant 1 mort et 28 blessés. En riposte la population serait descendue dans les rues et aurait lynché, au moins partiellement, les manifestants. En conséquence, le mouvement de la jeunesse de Port Saïd, a décrété le couvre feu dés ce soir à l’encontre des Frères Musulmans ainsi que la fermeture obligatoire de leurs magasins. On signale des choses du même type à Helwan et au Caire dans les quartiers de Menofiya, et hier à Duweiqa, Mansheya…

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