Archives de Catégorie: Histoire et théorie

Événements de Chalvet : point d’orgue des luttes syndicales

Martinique 1ere, 14 février 2016 :

Quarante-deux ans après la tuerie de Chalvet, le 14 février 1974, qui a coûté la vie à Rénor Ilmany, les militants de l’époque se souviennent. Maurice Vénite a participé à l’émergence de ce mouvement social. Pour lui, c’est une action globale qui a conduit à ces événements.

Le 14 février représente chez nous une date bien plus funeste que la fête des amoureux. Souvenez vous : le 14 février 1974 dans une effervescence sociale exacerbée, un ouvrier du secteur des bananeraies, Rénor Ilmany, 55 ans, qui revendiquait notamment des augmentations de salaires, la suppression totale des produits toxiques et l’amélioration de leurs conditions de travail est tué par les gendarmes sur le plateau de Chalvet à Basse-Pointe.

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Quelques éléments sur le régime en Corée du Nord

Article publié par l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Depuis que la dictature en place à Pyongyang a annoncé avoir réussi à tester une bombe H, la Corée du Nord refait la une des actualités internationales. Généralement, les reportages et articles sur ce pays ne font que le décrire comme une dictature anachronique et absurde. A l’extrême-gauche, ce régime n’est vu au mieux que comme le dernier dinosaure d’une excroissance monstrueuse du stalinisme soviétique, au pire, certains nostalgiques des dictatures bureaucratiques y voit un régime « progressiste » et « anti-impérialiste ». Cet article ne prétend pas être une analyse exhaustive et définitive du régime de Corée du Nord mais vise à donner quelques pistes de réflexions et quelques éléments pour analyser cette dictature.

Ouvrières Nord-coréennes dans la zone industrielle de Kaesong

Un régime nationaliste, raciste et militariste

Si, comme pour la RDA, la République Démocratique Populaire de Corée a vu le jour en 1945 grâce au partage de la Corée, décidé à Yalta, entre l’URSS et les Etats-Unis, la comparaison s’arrête-là. Contrairement à la RDA et à d’autres pays de l’Est, la Corée du Nord a toujours conservé son indépendance par rapport à l’URSS. L’actuel « Parti du Travail » au pouvoir en Corée du Nord, est depuis sa préhistoire, avant tout un parti nationaliste, né dans la lutte contre l’occupation japonaise. La brutalité de cette occupation japonaise a permis à ce courant une implantation et une légitimité, et le régime nord-coréen est l’émanation de ce courant nationaliste.

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Marx et Lénine best-sellers à Téhéran

Selon une dépêche de l’agence INRA datée du 31 décembre 2015, on trouve plusieurs livres en référence à Marx et Lénine dans le top 10 des ventes des librairies de Téhéran de la deuxième quinzaine de décembre.

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Si les trois livres les plus vendus sont des romans (« Dans le Jardin de la bête » d’Erik Larson en tête, suivi par le dernier roman de Kevan Arizaghi et un recueil de nouvelles d’Isaac Bashevis Singer), la quatrième place revient à un recueil de textes philosophiques de Lénine sur Hegel, suivi de deux livres sur Marx traduits de l’anglais : le livre de Peter Hudis « La conception de Marx de l’alternative au capitalisme » (Marx’s Concept of the Alternative to Capitalism) en cinquième position et « Le Marx tardif et la voie russe » (Late Marx and the Russian Road) de Teodor Shanin en sixième position.

Crimes des bagnes nazis : Le peuple allemand est-il co-responsable ?

Suite aux propos de Netanyahou selon lesquels ce serait le Mufti de Jérusalem qui aurait persuadé Hitler d’exterminer les Juifs, Angela Merkel a répondu : “Nous savons que nous sommes responsables de ce crime contre l’humanité”. Avec ce « Nous » signifiant l’ensemble de la population allemande, elle reprend le discours de la culpabilité collective du peuple allemand pour les crimes nazis, dont le génocide des Juifs et des Sintis et Rroms. A ce sujet, voici un texte écrit par Gaston Davoust dit Henry Chazé, militant communiste révolutionnaire déporté dans le camp de concentration d’Oranienburg-Sachsenhausen, paru en octobre-novembre 1945 dans le journal « Franche-Comté Libération« .

J’ai été interné pendant 18 mois à Fresnes par les autorités allemandes, puis déporté pendant deux ans au camp de concentration d’Oranienburg (commando Heinkel). J’ai eu la chance de survivre, et même de revenir sans maladie grave, alors que la plupart de mes camarades rescapés ont dû entrer en sana, ce qui me permet après quelques mois de repos, de reprendre la vie normale.

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Réunion publique à Lillers : Quel projet de société contre le capitalisme ?

Le capitalisme, c’est un monde en guerre perpétuelle, où des hommes et des femmes doivent chaque jour tout abandonner pour fuir sur les routes.

ico_lillersC’est un monde en crise, où chacun-e peut se trouver du jour au lendemain viré de son boulot, de son logement, sans moyens d’existence.

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Les communistes face au racisme

Texte ayant servi de base de discussions lors de la rencontre d’été 2015 de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Plus que comme un simple sentiment hideux, le racisme se définit comme un système politique d’exclusion, de discrimination et d’oppression (voire dans sa forme la plus barbare d’extermination) d’un groupe humain sous prétexte de sa couleur de peau, de son origine, de son ethnie, de sa religion ou supposée religion, et/ou de sa nationalité. A l’exception des régimes coloniaux et de leurs avatars comme par exemple le régime d’apartheid en Afrique du Sud, le racisme s’exerce généralement contre une ou plusieurs minorité(s). Ce sont finalement les racistes qui fixent les critères qui déterminent la division entre « vrais nationaux » et « étrangers ». Juridiquement, en France, le seul critère légal discriminant en droits est la possession, ou non, de la nationalité française, et pour ceux qui ne l’ont pas, la possession ou non, de la carte de séjour. Qu’il s’agisse de gouvernements PS ou UMP, nous avons par exemple des ministres arabes ou noirs. Or, si l’égalité en droits est reconnu pour tous les citoyens français, quelque soit leur couleur de peau, leur origine, leur ethnie, leur religion ou supposée religion, force est de constater que les discriminations subsistent lorsqu’on est membre d’une minorité, que ce soit pour l’accès à l’emploi, au logement, face aux contrôles policiers, etc. Notons que si, contrairement à d’autres pays, la France ne reconnaît pas l’existence de minorités nationales sur son territoire, derrière les « grands principes républicains », cette non-reconnaissance peut elle même être source de discriminations, ne serait-ce que parce qu’elle nie le droit d’utiliser sa propre langue face à l’administration. C’est notamment le cas dans les DOM-TOM où, en particulier dans les couches les plus pauvres de la population, les langues créoles dans les Antilles ou africaines à Mayotte restent les principales langues véhiculaires.

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Il convient également de constater, que derrière le verni « républicain-égalitaire », bien des groupes restent considérés comme « pas tout à fait Français » ou « moins Français que les autres ». Lorsque Valérie Pécresse déclare « on doit pouvoir donner aux Musulmans ce qu’on donne aux Français et aux Juifs », on comprend bien qu’elle considère, comme une bonne partie de la société et de la classe dominante, que les personnes de confession ou d’origine juive ou musulmane ne sont finalement « pas vraiment française ». Les gens du voyage aussi, même s’ils vivent en France depuis des siècles et des générations, restent considérés par une bonne partie de la classe politique comme « pas vraiment Français ». Et il faut noter qu’en Europe, à chaque vague de nationalisme et de racisme, à chaque fois que l’on commence à s’en prendre aux « immigrés » (qui sont parfois des petits-enfants ou même arrière petits-enfants d’immigrés), à chaque fois que l’on se lance dans une division entre « nationaux » et « non-nationaux », le Juif comme le Tzigane, même si leur famille est installée depuis des siècles dans le même village, risquent d’être désignés comme « étranger ».

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« Le Hareng de Bismarck »… ou le poison nationaliste

Article publié par l’Initiative Communiste-Ouvrière :

« Le Hareng de Bismarck (le poison allemand) » est le titre du dernier livre de Jean-Luc Mélenchon. Si dans quelques interview, il tempère à peine son propos pour dire qu’il n’a rien contre les Allemands, dans le fond, ce n’est pas seulement contre Angela Merkel ou la bourgeoisie allemande que se dirige sa plume, mais bien contre tous les Allemands, riches ou pauvres, bourgeois ou prolétaires. Comment comprendre autrement la phrase « L’Allemagne marche en tête pour la malbouffe : l’épidémie d’obésité frappe en Allemagne davantage que partout en Europe », qui non seulement est fausse concernant l’obésité, mais semble oublier que c’est en Allemagne que date la plus vieille loi du monde sur la qualité de la nourriture avec le Reinheitsgebot de 1516 ? Bien des déclarations de ce pamphlet sont du même tonneau, affirmées sur un ton péremptoire mais fausses (ainsi contrairement à ce qu’affirme Mélenchon, le volume de déchet par habitant est plus élevé en France qu’en Allemagne). Mais qu’importe, Mélenchon fait fi de toute réalité chiffrée dans son pamphlet pour charger l’acte d’accusation de l’Allemagne, responsable du chômage, de la crise, des problèmes écologiques, et du rhume des foins.

Un tel pamphlet serait risible s’il s’agissait d’une rédaction bâclée d’un lycéen ayant dû subir l’intégrale de Derrick en VO pendant ses cours d’Allemand ; de la plume d’un politicien ayant malheureusement une certaine influence dans les cercles de ceux qui veulent changer ce monde, elle instille le poison du nationalisme.

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