Grève pour l’embauche des précaires à la fonderie alu

La Nouvelle République, 9 septembre 2016 :

Une partie des salariés de la fonderie alu étaient en grève hier. Ils réclament l’embauche des intérimaires présents dans l’entreprise.

fonderiealu

En dehors du cadre des négociations salariales annuelles, c’est le premier mouvement social d’importance à la fonderie alu depuis que Saint-Jean-Industrie a racheté l’entreprise ingrandaise à Montupet en 2012. Hier, à l’appel du syndicat CGT (*), syndicat majoritaire de la fonderie, une partie des salariés ont fait grève pour obtenir l’embauche des intérimaires présents dans l’entreprise, qui fabrique des pièces pour l’industrie automobile. Avant l’été, cette revendication avait déjà fait l’objet d’une pétition. Une initiative suivie par des débrayages fin juillet.

«  Sans eux, la boîte ne pourrait pas fonctionner  »

« Ce qu’on reproche à la direction, c’est de ne pas faire perdurer l’emploi, explique Jean-Philippe Juin, délégué CGT. Aujourd’hui, sur le site, on est 350 CDI alors qu’on était 402 à la reprise. On a 90 intérimaires sur le site. On demande qu’ils soient embauchés en CDI. Sans eux, la boîte ne pourrait pas fonctionner. Ce qu’on réclame, c’est un plan d’embauche pour pallier les départs subis les quatre dernières années et anticiper les futurs départs à la retraite. On estime qu’il y aura cinquante départs à la retraite dans les trois prochaines années. » Selon lui, il pourrait même y en avoir beaucoup plus…

En partie créée par des salariés de la fonderie, l’association Afpa 86 a demandé à l’État que l’entreprise soit « reconnue en site amiante ». Si elle obtient satisfaction, de nombreux salariés pourraient quitter leur poste. « Si on est reconnu en plan amiante, c’est 70 personnes qui risquent de partir du jour au lendemain en préretraite », indique Jean-Philippe Juin.

En plus d’embaucher les intérimaires, le syndicaliste estime aussi qu’il faudrait augmenter les effectifs. « Dans les bureaux et les ateliers, il n’y a plus assez de monde pour garantir la demande de production et la mise en œuvre des nouveaux projets », affirme-t-il. Des projets qui sont nombreux : production d’une nouvelle culasse pour Renault, fabrication d’une pièce de suspension pour la nouvelle berline d’Aston Martin…

En début d’après-midi, la réunion mensuelle du comité d’entreprise a eu lieu. A cette occasion, les représentants de la CGT ont demandé à la direction quelles réponses elle comptait donner à leurs revendications. La direction ayant refusé de répondre, selon Jean-Philippe Juin, ils ont quitté la séance.

Néanmoins, la grève ne sera pas reconduite. « On en reste là pour l’instant. Ensuite, en fonction des évolutions, on verra ce qu’on fait. »

(*) L’entreprise compte deux autres syndicats : la CGC et FO. Ils ne se sont pas associés au mouvement lancé par la CGT.

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