Besançon : Manifestation devant la préfecture contre l’expulsion d’une famille kosovare

Est Républicain, 30 août 2016 :

« CES ÉLÈVES sont à l’école aujourd’hui, nous voulons les retrouver à la rentrée. » La pétition en ligne lancée le 21 juin à Besançon par RESF (réseau éducation sans frontières) et ses 190 signatures sera restée vaine pour Leonit, 6 ans, Lulzim, 9 ans, Lulzime, 13 ans, et Genita, 15 ans.

Avec leur père, ils ont été expulsés hier matin de Saint-Jacques, trois jours avant la rentrée scolaire, direction le centre de rétention d’Oissel, à côté de Rouen, en attendant un vol pour le Kosovo. Leur mère, prise d’un malaise, a dû être hospitalisée.

La famille, arrivée en 2013 en France, était sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis le mois de mars et assignée à résidence depuis le 4 août. Rien n’aura fait plier le préfet : ni les différents courriers des professeurs de la fratrie, ni celui du député Eric Alauzet, pas plus que le parrainage républicain cet été de 36 enfants des Balkans – dont les Feraj – à l’initiative du « réseau d’alerte et de solidarité en cas de menaces d’expulsion » spécialement créé.

« Des filles exemplaires »

Hier à 17 h 30, une centaine de personnes s’est réunie devant la préfecture en soutien à la famille. Parmi lesquelles des militants des membres du réseau d’alerte et des enseignants. À propos de Genita et de Lulzime, scolarisées en 3e et 4e au collège Diderot, ceux-ci évoquent unanimement deux filles « exemplaires, brillantes, souriantes et sereines, qui se sentaient bien au collège ».

Chantal Lécuyer, de RESF, ajoute : « Seule l’aînée est née au Kosovo. En tout, les enfants y ont vécu seulement trois ans entre juin 2013 et mai 2013. Ils parlent mieux français qu’albanais ! » Et d’évoquer les menaces de représailles qui pèseraient sur la famille à son retour, pour des histoires de terrain. « Le frère du papa a été tué. La maison des grands-parents a été brûlée. Les enfants, surtout les garçons, sont menacés. Là-bas, les histoires se règlent à coup de pistolet. »

Une délégation a été reçue une grosse demi-heure en préfecture en fin de journée. « Nous avons été entendus mais n’avons malheureusement aucun élément nouveau à apporter », ont déclaré ses membres à la sortie.

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