Libérez Jacqueline Sauvage !

Communiqué de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Malgré deux expertises concordantes et l’avis de la procureure de la République, le tribunal d’application des peines a décidé ce 12 août de rejeter la demande de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage.

Rappelons que son geste intervient après 47 ans de violences de son conjoint à son égard. Que son parcours est la conséquence d’un système patriarcal. Et peut-être fait-elle aussi les frais d’un bras de fer entre le monde politique et une institution judiciaire, qui aurait mal vécu la grâce présidentielle partielle en faveur de Jacqueline Sauvage.

Comme pendant son procès, certains lui reprochent d’avoir finalement tué son bourreau plutôt que d’être partie, et se demandent ingénument pourquoi elle n’a pas porté plainte. Comme si c’était si simple ! C’est d’une part méconnaître les mécanismes d’emprise des auteurs de violences conjugales (essentiellement des hommes) sur leurs victimes (surtout des femmes et des enfants). C’est surtout et d’autre part ignorer à quel point la police, la gendarmerie et la justice prennent mal en compte les violences faites aux femmes. Sur les 68 femmes assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de 2016, la plupart avaient déposé plainte… et n’ont pas été protégées.

Alors que les places d’hébergement d’urgence ferment, que les subventions aux Associations spécialisés dans le soutien aux femmes victimes de violences fondent, que les ordonnances de protection interdisant aux hommes d’approcher leurs victimes sont rares, que les mères isolées sont en situation de particulière pauvreté, comment s’étonner que l’immense majorité des victimes de violences conjugales ne portent pas plainte ?

Malgré ces constats, et le fait qu’une femme meure tous les 3 jours sous les coups de son conjoint, aucune brigade spécialisée dans ce type de violences n’est envisagée. Ni même un dispositif de formation d’ampleur de l’ensemble des acteurs (police, justice, Travailleurs sociaux…), qui permettrait peut-être que la parole des victimes ne soit en fin plus remise en cause.

Les motifs connus du refus de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage S’inscrivent dans cette logique patriarcale. Le tribunal d’application des peines n’a pas complètement ignoré deux expertises psychiatriques favorables à la libération, en reconnaissant que « la dangerosité et le risque de récidive » ne sont pas avérés. Le délibéré s’est néanmoins fendu de considérations sur sa « position victimaire » et sur sa « part de responsabilité de le fonctionnement pathologique de son couple ». Bref, si son mari la frappait, elle y était sans doute pour quelque chose, et elle ferait bien de s’amender !

En l’absence de reconnaissance légale du « syndrome de la femme battue », introduit par exemple dans le droit canadien, en complément de la stricte légitime défense, le cas de Jacqueline Sauvage est emblématique du traitement réservé aux femmes victimes de violences.

L’Initiative communiste-ouvrière appelle à signer la pétition pour sa libération immédiate, et continue à se battre pour des mesures concrètes et urgentes de lutte contre l’ensemble des violences faites aux femmes.

SIGNEZ LA PETITION EN LIGNE

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