Paris : les organisateurs de la manifestation des réfugiés placés en garde à vue

Le Parisien, 7 août 2016 :

Ils avaient appelé leurs militants à se retrouver samedi après-midi sur la place de la République (IIIe-Xe-XIe) pour dénoncer les « violences policières contre les migrants ». Mais la manifestation des collectifs parisiens d’aide aux exilés a tourné court. Les militants qui se sont d’abord rassemblés dans le XIXe arrondissement — pour manifester avec des migrants qui campent dans la rue à proximité la place de Stalingrad — n’ont même pas pu quitter l’avenue de Flandre.

Bloqués par d’importants effectifs de police pendant près de 4 heures, ils ont fini par lever le camp en fin de journée. Les deux militants qui avaient déposé la déclaration de manifester en préfecture ont été convoqués ce dimanche matin au commissariat du XXe pour organisation d’une manifestation illégale.

8 heures au poste

« Nous nous sommes évidemment présentés au commissariat à l’heure dite », précise Aubépine, une mère de famille de 43 ans, qui avait déposé la déclaration au nom de la CPSE (coordination parisienne de soutien aux exilés). « On a eu droit à une audition d’une trentaine de minutes puis à… 8 heures en garde à vue pour finalement recevoir une convocation en justice pour novembre prochain », s’étonne la militante.

A la préfecture de police, on rappelle que les collectifs de soutien aux migrants avaient déclaré un rassemblement statique à République. Mais qu’ils n’étaient pas autorisés à défiler dans Paris. « Il s’agissait seulement d’accompagner les migrants de Stalingrad à République, en marchant sur les trottoirs sans banderole, ni mégaphone », corrigent les militants qui voient dans les gardes à vue de ce week-end une mesure d’intimidation et de « criminalisation de la solidarité ».

Elles sont, en tout cas, intervenues dans un contexte de plus en plus tendu entre les collectifs de soutien et la préfecture de police. Les premiers soupçonnant la seconde de mener des interventions d’évacuations dès que les réfugiés se regroupent. Ce changement de « stratégie », que la préfecture de police a partiellement confirmé à l’AFP, vise à éviter la reconstitution de campements géants, fréquente dans le nord-est de la capitale. L’évacuation, le 22 juillet dernier, de celui qui était apparu sur le boulevard de la Villette avait conduit à la « mise à l’abri » de 2 600 réfugiés, dont un millier arrivés sur place quelques heures seulement avant l’intervention policière.

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