Haubourdin: grève reconductible contre la suppression de 26 postes chez Cargill

La Voix du Nord, 30 juin 2016 :

Ce jeudi matin, dès 4 h 30, une centaine de salariés de l’entreprise Cargill ont filtré la circulation, rue du Maréchal-Joffre, devant leur usine. Les manifestants dénoncent un nouveau plan social visant à supprimer 26 postes. La direction les a reçus, écoutés, mais les salariés parlent déjà de grève reconductible.

Les 350 salariés ont appris la nouvelle après le comité d’entreprise extraordinaire de Cargill Haubourdin qui s’est tenu le 21 juin dernier : 26 d’entre eux devraient quitter leur entreprise dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Une situation qui résulterait d’une restructuration du groupe en Europe et, pour le site d’Haubourdin, la délocalisation de ses services partagés, essentiellement des métiers administratifs. Pour exemple, les cinq collaborateurs s’occupant de la paye des 21 sites français verraient leur poste déplacé en Bretagne. D’autres activités sont également touchées comme celles du département CTL (Cargill Transportation and Logistics) qui seraient gérées depuis la Bulgarie.

Non au licenciement !

Aussi, les délégués du personnel et membres du comité d’entreprise ont-ils décidé d’organiser un barrage filtrant devant leur usine, rue du Maréchal-Joffre, pour distribuer des tracts aux automobilistes, sous forme d’un faux billet de 50 € au dos duquel on pouvait lire « Non au licenciement ! ». Ils se sont installés dès 4 h 30 avant l’arrivée de la première équipe postée et poursuivent encore leur manifestation, certainement jusqu’à 21 h, à grand renfort de brasero, fumigènes, drapeaux et banderoles syndicalistes.

L’opération surprise a provoqué quelques ralentissements mais aussi la réaction rapide de la direction : manifestants et responsables de l’entreprise se sont en effet rencontrés à 11 h 30 pour discuter de la situation. Selon les manifestants, Hugues Delabro, directeur général, et Xavier Claessens, directeur de site, ont entendu les revendications et ont promis de fournir une première réponse rapide. En attendant, Daniel Petit, secrétaire du CE, confirme que près de la moitié de l’activité de l’entreprise serait paralysée. Il va réunir les salariés en fin de journée pour voter ou non la reconduction de la grève.

12 % de l’effectif touché

Selon lui, cette nouvelle vague de licenciements, qui pourrait aboutir début 2017, porterait à plus de 40 le nombre de salariés des services partagés qui ont dû quitter l’entreprise en moins d’un an. « Ça représente 12 % de l’effectif ! explique-t-il, alors que le site a bénéficié des nombreuses aides de l’État, comme le CICE ou la loi Fillon. »

La CGT aussi s’inquiète pour les employés du site d’autant que la direction aurait annoncé, selon leur tract : « Nous ne sommes qu’à la moitié du plan de réorganisation du groupe. » « Le site d’Haubourdin, une des dernières grosses entreprises de la ville, précisent les manifestants, voit ses effectifs diminuer d’année en année. »

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