Des ouvriers bulgares occupent l’hôtel à Maintenon pour le paiement des salaires

L’Echo Républicain, 29 juin 2016 :

Les ouvriers bulgares de Bulmix ont été employés sur plusieurs chantiers à Maintenon, dont la construction de l’hôtel de luxe Le Castel. Mais ils ne sont plus payés. Ils sont en grève et vivent dans L’hôtel du Cygne qui n’est plus payé non plus.

Le décor de l’accueil de L’hôtel du Cygne, à Maintenon, fait plus penser à un squat : deux énormes et vieux téléviseurs, reliés à quatre paraboles pendues aux fenêtres, sont échoués sur le bar, des canettes de sodas gisent sur le comptoir, des boîtes de tabac consommé sont oubliées sur les étagères, des emballages vides jonchent les lieux et les cendriers débordent.

Une dizaine de salariés bulgares, détachés de la société Bulmix, y sont échoués, eux aussi. Ils font la popote et se servent derrière le bar, comme à la maison.

Les ouvriers en grève

La gérante leur a confié les clefs en toute confiance depuis 2014. Et c’est toujours le cas. Sauf que Bulmix lui a laissé une ardoise de 45.000 €, représentant six loyers impayés de 9.000 €. Les ouvriers ne sont plus payés non plus depuis des mois.

L’un des porte-parole bulgare, qui parle quelques mots de français, résume : « Les proches nous envoient de l’argent pour pouvoir survivre?! » Un comble pour ces hommes qui ont quitté leur pays pour assumer financièrement l’avenir de leur famille.

L’entreprise Bulmix a décroché le contrat pour construire une partie de l’hôtel de luxe 4 étoiles, Le Castel, situé juste en face.

« On s’est sacrifié. On ne voit pas grandir nos enfants »

L’hôtel du Cygne est devenu le QG de Bulmix. C’était alors une fabuleuse opportunité pour l’hôtel de remplir son établissement et d’assurer ainsi sa pérennité.

Le gérant de Bulmix a proposé de louer tout l’hôtel, le bar, la salle de restaurant et les quatorze chambres, comprenant trente lits. Un contrat a été signé le 30 novembre 2013. Les plaquistes, les peintres, les maçons bulgares, ont assuré leurs prestations malgré des retards récurrents de paiements de salaire.

L’un des Bulgares explique : « Des collègues de travail ont préféré abandonner le chantier et partir en Belgique pour un autre employeur qui les paye. »

Le maçon est dépité : « On s’est sacrifié. On ne voit pas grandir nos enfants. On fait confiance à Bulmix. Et finalement, on n’a pas de salaire. »

« On s’est bien intégré »

Les neuf ouvriers sont en grève depuis début juin. Ils ont discuté avec la gendarmerie et l’inspection du Travail. L’entreprise Bulmix est injoignable. Une société parisienne lui sert de boîte aux lettres. Le patron aurait disparu. L’entreprise, basée à Sofia, serait en difficultés financières.

Pour les Bulgares détachés à Maintenon, c’est l’impasse. Ils réclament leurs salaires à un fantôme : « L’employeur est malin, il nous disait de continuer le chantier en nous donnant quelques euros. Il a même fait croire à la patronne de l’hôtel qu’il allait lui racheter son établissement?! »

En attendant que la situation se débloque, ils jouent aux cartes dans l’hôtel, regardent les matches à la télé et se promènent : « On s’est bien intégré dans cette belle ville, avec la population et les commerçants. Il n’y a jamais eu d’histoires. »

Selon eux, l’ambassade a été contactée afin de leur trouver une solution pour quitter les lieux.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s