Albi : La grève des bus continue

La Dépêche, 21 juin 2016 :

«En cas d’agression, pour un départ à la retraite, pour un décès familial, personne ne vient nous voir, on n’a même pas un message, rien. On est des merdes !» Les mots sont durs et l’humeur sombre, chez les conducteurs de bus de la communauté d’agglomération de l’Albigeois. En grève depuis six semaines, à raison d’une heure de débrayage chaque matin à l’embauche de 6 heures, une vingtaine de conducteurs, sur les 48 titulaires, ont tenu à faire le point hier, pour informer les usagers sur leur situation.

«On en a marre de voir les gens attendre des bus qui ne passent pas. Samedi dernier sur l’ensemble du réseau, 47 lignes ont été supprimées et ça n’a rien à voir avec la grève. On a les bus mais on n’a pas les chauffeurs» rétorquent les conducteurs, quand leur direction leur reproche de dégrader le service public.

Le 31 mai dernier, après quinze jours de grève, Muriel Roques-Etienne, vice-présidente de la communauté d’agglomération chargée des transports, a reçu une délégation de cinq conducteurs et deux représentants syndicaux CGT. Ces derniers lui avaient soumis une liste de leurs revendications. à la sortie, l’élue estimait «avoir fait une part du chemin», sur les effectifs en proposant le recrutement de deux contractuels et sur les conditions de travail en proposant un audit. à condition de faire cesser la grève. Les chauffeurs n’ayant rien obtenu sur l’une de leurs principales demandes, concernant l’organisation du travail, la grève continue. Ils n’ont pas répondu à l’invitation de leur direction pour présenter l’organisation des horaires d’été. Dialogue de sourds rompu, c’est dire.

Hier, tous les chauffeurs ont reçu une lettre dans laquelle Muriel Roques-Etienne répond point par point à la liste de leurs revendications. Aux questions sur le temps de parcours, les postes à coupures ou les pauses, l’élue renvoie vers la charte d’Albibus et le règlement. En pointant au passage un absentéisme au-dessus de la moyenne nationale et un nombre de kilomètres parcourus inférieur à ceux pratiqués sur les réseaux équivalents. Pas vraiment de quoi apaiser le dialogue. D’autant que, suite à la mise en circulation d’une pétition par les chauffeurs grévistes, l’élue n’exclut pas de déposer plainte pour «manquement grave à l’intégrité et à la déontologie du service public».

Seul point d’accord entre les deux parties, l’intention de mobiliser le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail.

Mais si les conducteurs en attendent une mise à plat du service et de ses dysfonctionnements, les élus comptent surtout y trouver un moyen de lutter contre l’absentéisme.

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