Belgique : grèves dans les services publics et grogne générale contre une loi du travail belge

France Nord Pas de Calais, 31 mai 2016 :

Les services publics en Belgique étaient perturbés mardi par une grève lancée contre la politique d’économies du gouvernement libéral, déjà confronté à des conflits sociaux dans les prisons et sur le rail. Le projet de réforme du travail dans le secteur privé cristallise lui aussi les mécontents.

Du ramassage des ordures aux transports en commun en passant par les enseignants et les administrations, les services publics belges fonctionnaient au ralenti ce mardi Outre-Quiévrain. Une nouvelle journée de mobilisation, après une manifestation qui avait rassemblé 60.000 personnes à Bruxelles le 24 mai.

Trafic ferroviaire perturbé depuis une semaine

Seuls quelques trains roulaient en Wallonie, tandis que de 30 à 40% de la circulation ferroviaire était assurée en Flandre, selon une porte-parole de la Société nationale des chemins de fer belges (SNCB). Les cheminots francophones, en grève depuis près d’une semaine pour protester contre la suppression de jours de récupération, devraient prolonger leur mouvement, puisque le syndicat socialiste CGSP a déposé un préavis de grève pour mercredi, jeudi et vendredi.

Sur le réseau à grande vitesse Thalys, aucune desserte n’était assurée vers l’Allemagne, tandis que certains trains Paris-Bruxelles étaient supprimés, selon le site internet de la société.

Aucun bus à Liège et Namur

Dans les transports en commun, la situation variait d’une région à l’autre. Aucun bus ne circulaient à Liège ou à Namur , tandis que « des dizaines de bus » ont été supprimés à Charleroi . En Flandre, la circulation était également perturbée, avec notamment 50% des bus seulement en service à Anvers.

A Bruxelles, la plupart des ordures n’étaient pas ramassées. Des « piquets » de fonctionnaires syndiqués, rejoints par des agents pénitentiaires ou encore des ouvriers de la sidérurgie, empêchaient notamment l’accès à plusieurs bâtiments du service public de l’emploi et de la formation en Wallonie ou d’un centre de tri postal de la région de Liège.

Contre la politique d’austérité du gouvernement Michels

A Bruxelles, plusieurs milliers de militants du syndicat chrétien CSC, dont de nombreux néerlandophones, étaient réunis sous une pluie fine aux abords de la gare du Nord. Dans le cortège, une banderole indiquait « Des services publics qui respirent, c’est garantir notre avenir », tandis que les protestataires faisaient exploser de nombreux pétards. « On est là pour que le gouvernement prenne conscience qu’il prend un mauvais virage et que ça peut dégénérer. Je suis aussi là en solidarité avec les gardiens de prison », en grève en Wallonie et à Bruxelles depuis cinq semaines », a expliqué El-Ibrahimi Ismael, un gardien de la paix de 51 ans membre de la CSC.

Dès son arrivé au pouvoir en octobre 2014, le gouvernement libéral de Charles Michels a acté une politique d’austérité drastique dans les services publics : réduction de 10 % des effectifs, baisse de 20% des investissements et des frais de fonctionnement.
Aujourd’hui, il compte s’attaquer au calcul du montant des retraites dont bénéficient certains régimes spéciaux. Par exemple en supprimant la prise en compte des années d’études des enseignants jusqu’ici incluses dans les années de cotisation, ou celles des années passées comme contractuel dans la fonction publique.

En Belgique, l’âge légal de la retraite est déjà acté à 67 ans au lieu de 65 à partir de 2030, pour les salariés du public comme pour ceux du privé, avec 45 ans de cotisations obligatoires pour bénéficier d’une retraite à taux plein.

Loi travail belge : la fin des 38 heures ?

La réforme du travail préparée par le ministre de l’emploi Kris Peeters cristallise aussi les mécontentements en Belgique. Elle permettrait aux entreprises du secteur privé de passer des 38 heures hebdomadaires légales à 45 heures en cas de surcroit d’activité.

47 heures même selon le syndicat FGTB, si l’on inclut l’augmentation prévue du volume d’heures supplémentaires, de 143 heures annuelles actuellement à 503 heures en tout. Car ces heures ne pourront plus être récupérées, mais seront payées, ou versées dans un compte épargne temps.

Le délai légal obligatoire pour informer les salariés d’un changement d’horaire serait réduit. Pour ceux à temps partiel, il passerait de cinq jours à une journée seulement, ce qui laisse évidemment peu de temps pour s’organiser.

En plus des grèves reconductibles dans le service public, les syndicats promettent une nouvelle journée de mobilisation le 24 juin, puis le 7 octobre, date anniversaire de l’installation du gouvernement de Charles Michels en 2014.

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