Amiens : Deux militants anti-Loi Travail au commissariat après un mail à des députés !

Le Courrier Picard, 23 mai 2016 :

« Je m’engage à venir vous voir, ce ne sera ni pour vous dire merci, ni pour être gentil », avaient-ils écrit. L’auteur principal de l’e-mail, un militant associatif amiénois, sera convoqué pour un rappel à la loi.

Écœurés par le « 49-3 » pour faire passer la loi Travail, des manifestants avaient recouvert d’affiches le siège du PS à Amiens le 11 mai dernier.

Et une illustration supplémentaire du climat électrique autour de la loi Travail… Le 11 mai dernier, un militant amiénois engagé « depuis le début » contre la réforme a adressé un e-mail aux trois députés socialistes de la Somme, Pascale Demarthe, Jean-Claude Buisine et Romain Joron. Son objet ? Dire son rejet de la loi passée en force via la procédure du 49-3. Mai au-delà, le courrier exhortait les élus à voter la motion de censure (présentée le lendemain) contre le gouvernement. Et ce « même si celle-ci est déposée par la droite ».

L’affaire aurait sans doute pu en rester là, sauf qu’en guise de formule de politesse classique, l’auteur a conclu sa lettre par une phrase jugée « apparemment tendancieuse d’après la police », explique le militant lui-même. « Si vous laissez passer cette mise à mort du code du travail, j e m’engage à venir vous voir, mais ce ne sera ni pour vous dire merci, ni pour être gentil », a-t-il ainsi écrit.

Au surplus, lors d’une manifestation le 11 mai également, le militant avait peint sur la vitrine de la fédération du parti socialiste à Amiens l’expression : « #onsensouviendra », en référence à un site de suivi des députés frondeurs sur la motion de censure dite de gauche. Une motion d’ailleurs signée par le député Romain Joron, qui « a eu le courage et le respect de son électorat », relevait la lettre.

Sa tonalité n’a pas été jugée anodine en tout cas. Conséquence, l’Amiénois a été convoqué jeudi dernier (19 mai) en audition libre à l’hôtel de police, avec un autre pourfendeur de la loi associé à la rédaction du fameux e-mail. Mais seul son signataire principal est reparti du commissariat avec une convocation au tribunal le 30 juin pour un rappel à la loi. Une procédure qu’il estime « disproportionnée ».

Un peu embarrassé malgré tout, l’auteur dénie « toute intention belliqueuse » dans ses mots. « Cette phrase aurait pu être clarifiée », assure-t-il. Son initiative n’avait pour seul but que de « provoquer un échange » avec des députés dont il attendrait, du reste, « qu’ils apaisent le dialogue social ».

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