Riposte ouvrière aux provocations de Valls et du MEDEF

Article publié par l‘Initiative Communiste-Ouvrière :

En particulier dans l’Ouest du pays, les routiers ont bloqué plusieurs points névralgiques pendant trois jours. Valls, menteur comme un politicien en campagne électorale, a osé dire que la loi travail ne menaçait pas la rémunération des heures supplémentaires. C’est pourtant bien ce que permet la loi ! Dans un secteur comme le transport routier, avec une forte concurrence et de nombreuses petites entreprises sans aucune présence syndicale, les patrons, qui déjà « oublient » de payer certaines heures supplémentaires ou certaines primes, imposent des rythmes de travail et des heures interminables au détriment de la santé et de la sécurité des forçats de la route, arriveront facilement à imposer la baisse à 10% de la majoration des heures supplémentaires (contre 25% ou 50% aujourd’hui) au nom du « maintien de l’emploi ». Ce genre de chantage, on ne le connaît que trop, c’est « accepte une baisse du salaire ou une hausse du temps de travail sinon on te licencie », bref la forme patronale du vieux « la bourse ou la vie » des bandits de grands chemins du Moyen-Age. Et une fois le principe imposé dans certaines entreprises, il n’y aura plus, dans les autres, qu’à expliquer qu’il faut « s’aligner sur les prix de la concurrence » pour « rester compétitifs ».

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Les routiers ont eu mille fois raison d’entrer en lutte ! Cet exemple du transport routier et des heures supplémentaires peut, avec l’application de la loi travail qui donne la possibilité au patronat d’imposer des accords d’entreprise avec des dispositions moins favorables aux salariés que le Code du Travail et les conventions collectives, se décliner dans tous les secteurs d’activité et sur d’autres aspects de nos droits collectifs comme par exemple le temps de travail.

Bien des travailleuses et travailleurs de différents secteurs d’activité sont allés prêter main forte aux routiers sur les barrages. D’autres secteurs, comme les dockers et autres agents portuaires ou les ouvriers de la pétrochimie sont aussi entrés dans la lutte. A la SNCF, un tiers des cheminots étaient en grève ces 18 et 19 mai, plusieurs AG de la région parisienne ont reconduit la grève jusqu’à lundi et la grève devrait reprendre massivement dès mercredi 25 mai.

Face aux blocages de dépôts pétroliers, le gouvernement a une fois encore joué la carte du mensonge. Alors que peu à peu, dans quasiment tous les départements de Normandie et de Loire-Atlantique, les préfectures prenaient des dispositions pour rationner le carburant, le gouvernement répétait qu’il n’y avait aucun risque de pénurie. Puis, Valls a mis sa menace à exécution et a envoyé CRS et Gardes Mobiles déloger des blocages. Courageusement et sans provocations inutiles, les ouvrières et les ouvriers présents ont résisté le plus longtemps possible aux charges policières, comme à Lorient où il a fallu plus de deux heures aux forces de répression pour mettre fin au blocage du dépôt.

Et la lutte n’est pas finie ! Vendredi, alors que des blocages étaient dispersés, les ouvriers de trois raffineries, à Donges, à Gonfreville-l’Orcher et à Feyzin, votaient la grève et l’arrêt total de la production pour une semaine. C’est la meilleure des réponses à donner aux charges policières de Valls ! C’est là que réside toute la force de la classe ouvrière, dans la grève. Patrons et politiciens peuvent en effet peuvent déloger nos barrages, ils peuvent réprimer nos manifestations, mais ils ne pourront jamais nous remplacer dans nos usines, bref, « ils peuvent empêcher les fleurs de pousser, ils n’empêcheront jamais le printemps d’arriver. »

La panique ces derniers jours du MEDEF de Normandie ou du gouvernement, après seulement quelques jours de lutte déterminée, montre la force de la classe ouvrière lorsqu’elle se met en mouvement.

Une nouvelle journée de grève et de manifestations est prévue ce jeudi 26 mai. Nous devons bien sûr être toutes et tous dans la rue ce jour-là. Mais, en plus des blocages de dépôts de carburant qui continuent ce week-end, c’est dès lundi que commence le travail de mobilisation. La question de la grève reconductible dans tous les secteurs est cette fois bel et bien posée !

Pas de grève par procuration comme en 2010 ! Il ne suffit pas d’applaudir la détermination des camarades, il faut suivre leur exemple. C’est de notre responsabilité à toutes et tous d’entrer dans la lutte pour remporter le combat contre ce gouvernement au service du MEDEF. Toutes et tous ensemble, nous pouvons gagner, nous pouvons obtenir le retrait de la loi travail ce qui nous rendra d’autant plus forts pour toutes nos revendications présentes et à venir !

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