Toulouse : «Rien n’est fini»

La Dépêche, 20 mai 2016 :

Blocage total de l’aéroport hier matin, puis manifestation l’après-midi à Toulouse, les syndicats qui contestent la loi Travail jugent la mobilisation réussie et préviennent que «rien n’est fini».

L’intersyndicale CGT, FO, FSU et Solidaires et les organisations de jeunes voulaient se faire entendre, hier, deux jours après une dixième manifestation. Récit d’une très longue journée.

4 h 45.- Cinq minutes avant l’heure prévue, les palettes brûlent sur la chaussée au rond-point devant l’aéroport. «La crainte, c’était que la police nous embête», lâche Cédric Caubère, secrétaire de la CGT. Une crainte vaine : faute sans doute d’effectifs suffisants à cause de la multiplication des manifs, les forces de l’ordre n’ont pas empêché les militants de bloquer entièrement la circulation. Dès 5 heures, pour l’accès principal, dans la foulée pour les ronds-points vers la tour de contrôle et à 6 h 30 à Dewoitine. De fait, contrairement aux taxis qui avaient filtré, les syndicats ont réalisé le blocus quasi-total de l’aéroport.

7 h 30.- «On ne veut pas nous entendre», lâche Christophe, militant CGT, au rond-point. depuis le début. «On ira plus loin.» La loi Travail? «C’est une régression des droits sociaux. À partir du moment où il n’y a plus de code du travail national, pour toutes les petites entreprises, ce sera la loi du patron.»

8 h 15.- Comme prévu, les voies rapides et le périph ont été paralysés à l’ouest de Toulouse. La CGT estime à 30 à 40 km les bouchons.

10 h 40.- Les militants lèvent le blocus. Reste les palettes qui se consument.

À 14h30.- Sur les boulevards, métro Compans, les manifestants se rassemblent. Les profs du SNES font entendre, banderole à l’appui, leur opposition à la réforme du collège. Dans la foule, Antoine, un des interpellés de la permanence de la députée Martinel, juge qu’il faut «faire sauter la loi», synonyme de «ribambelle de CDD». La voiture de police incendiée à Paris? «C’est affreux. C’est des tarés pas représentatifs.» Mais pour le militant, «les incidents surviennent car la violence vient de la police.»

15 heures.- Le cortège s’élance. Bien plus long que lors de la manifestation de mardi. On distingue deux parties du défilé. La première est formée des syndicats, la seconde des intermittents, de Nuit debout, des lycéens jusqu’aux anarchistes de la CNT. Entre les deux, une banderole qui a surgi depuis peu dans les manifs : «Bloquons tout». Derrière elle, certains ralentissent le pas. Deux cortèges se scindent dangereusement. La manœuvre tombe à l’eau : les syndicats font remonter les intermittents et jeunes.

16 h 30.- Entre le Grand-Rond et le monument aux Morts, le cortège se disperse : 16 000 manifestants selon les organisateurs, 8 000 côté police. Pour l’intersyndicale, l’objectif du jour est atteint. Et «rien n’est fini», avance Bernard Dedeban (FSU).

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