Guadeloupe : Une mobilisation qui en appellera d’autres

France Antilles, 13 mai 2016 :

Une petite dizaine d’organisations syndicales avait appelé à la grève jeudi. Plus d’un millier de personnes ont défilé dans les rues de Pointe-à-Pitre, ce qui satisfait les leaders et les conforte dans l’idée qu’il faut renouveler les actions sur le terrain.

Pour les différents responsables syndicaux, le défilé d’hier qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes dans les rues (3 000 selon les syndicats, 1 500 selon le comptage police) est plein de promesses. « Nous pouvons dire que ce mouvement est une réussite et qu’il doit mener vers d’autres mobilisations dans le pays, » a ainsi déclaré Élie Domota, le secrétaire général de l’UGTG, lors de sa prise de parole à la fin du défilé, devant le « bik » , au Palais de la mutualité à Pointe-à-Pitre. Aujourd’hui, c’est un coup de semonce, un tour de chauffe » , avait averti plus tôt Martial Biram, de l’Unsa, alors que le défilé ne s’était même pas encore ébranlé.

RÉUSSITE

« On ne s’attendait pas à une telle mobilisation même s’il y a plus de militants que des gens lambda, mais il faut bien un début » , commentait Jean-Marc Angèle, le secrétaire général de Solidaires, l’un des syndicats qui avaient appelé à la grève générale. Les manifestants entraient alors à peine rue Frébault où la plupart des commerçants avaient baissé le rideau au passage du cortège.
On pouvait lire sur une pancarte de la CGTG : « Pour la défense du service public » . Sur une de Force Ouvrière : « Avec l’État, l’emploi derrière les barreaux. » On pouvait entendre des « Mi nou la riposté » s’entrelaçant avec des « Nou ké lévé. » « El Khomri awa, sé twavay nou vlé » , chantaient vivement les jeunes du journal contestataire Rebelle.

« BATEAU IVRE »

Hier, on donnait de la voix pour dénoncer la loi travail, le passage en force du gouvernement avec l’utilisation de l’article 49-3 de la Constitution, mais aussi et surtout des préoccupations bien plus locales, comme la question des suppressions et des non-créations de poste dans l’Éducation nationale à la rentrée prochaine. Par ailleurs, « il y a un problème de fonctionnement au rectorat » , tient à dénoncer Michel Létapin, secrétaire de l’Union régionale de l’Unsa. « Nous avons l’impression d’être dans un bateau ivre » , ajoute-t-il. « Nous avons des maires qui se prennent pour des seigneurs, qui ne respectent pas les lois qui régissent la fonction publique, » s’indigne Robert Gauthierot, secrétaire de la section de l’Union des travailleurs des collectivités de l’UGTG.
Les présidents des collectivités ont directement été interpellés par certains grévistes. Raymond, militant de l’UGTG, a le commentaire acerbe : « Ils sont tellement absorbés par leurs petits problèmes personnels, tellement imbus de leur personne que maintenant, la population ne leur fait plus confiance. »

« Je fais grève pour mes enfants car ils arrivent derrière. Il faut nous montrer solidaires, montrer qu’on est debout. Après 2009, on a eu quelques résultats malgré certains échecs mais la rue reste un outil de communication » pour Barbhy Artis, employée de commerce et militante de la CGTG.

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