Turquie : Appel de la DISK pour le 1er Mai 2016

Appel de la DISK (Confédération des Syndicats Ouvriers Progressistes de Turquie) pour ce 1er Mai :

Pour une vie de dignité, de liberté et de fraternité, dans les rues le 1er Mai !

Le 1er Mai est la journée de l’unité, de la lutte et de la solidarité de la classe ouvrière !

C’est le jour où les travailleurs du monde entier marchent main dans la main, épaule contre épaule, le jour où nous crions notre désir d’une vie de dignité, de liberté et de fraternité dans les rues.

Comme partout dans le monde, la classe ouvrière de Turquie descendra une fois encore dans les rues ce 1er Mai 2016 pour exprimer nos revendications et espoirs en l’humanité, la liberté et la fraternité.

Nous serons dans les rues le 1er Mai parce que :

Nous levons nos voix contre les conditions de travail qui nous mettent en danger. Nous ne voulons pas être des esclaves pour les sous-traitants et les agences de travail intérimaire. Comme travailleurs, nous serons dans les rues pour nous lever contre le marché des humains et la mise en esclavage de facto qui viole la dignité humaine. Pour une vie digne et un emploi stable, nous sommes dans la rue le 1er Mai !

Les travailleurs de Turquie sont parmi les plus précaires dans le monde, nous rejetons le plan du gouvernement de « flexibilité stable » qui ne va que renforcer la précarité de l’emploi. Aussi, nous lèverons nos voix contre ceux qui tentent de détruire nos droits aux indemnités de licenciement qui protègent les emplois de millions d’ouvriers. Nous sommes dans la rue le 1er Mai pour protéger la sécurité de nos emplois et nos droits à la prime de licenciement !

Nous rejetons l’imposition de conditions de travail sans sécurité par l’esclavage de l’intérim. Nous voulons l’application des promesses électorales concernant la sécurité de l’emploi. Nous sommes dans la rue le 1er Mai pour demander des emplois stables et sûrs pour tous les travailleurs intérimaires sans réserve !

Avec le salaire minimum actuel, les travailleurs sont obligés de vivre sous le seuil de pauvreté. Nous demandons un salaire minimum de 1900 TL pour garantir une vie digne. Nous demandons aussi une augmentation minimum des salaires de 300 TL. Nous sommes dans les rues le 1er Mai pour un salaire qui garantisse une vie digne !

Ces 13 dernières années, le nombre de milliardaires en Turquie a été multiplié par 14. A l’inverse, la part des salaires dans le revenu national a chuté de 40% à 30%, faisant de la Turquie le pays avec les plus grandes inégalités de revenus en Europe. Aussi, nous sommes nombreux à être condamnés à vivre dans la misère et les dettes, alors qu’une petite minorité voit ses richesses et ses nouveaux palais augmenter. Nous sommes dans les rues le 1er Mai pour une juste distribution des richesses !

1730 travailleurs sont morts au travail en 2015. Nous nous levons contre ceux qui sacrifient la santé et la vie des travailleurs pour augmenter leurs profits. Nous sommes dans les rues le 1er Mai pour que soit évité les accidents, maladies et morts au travail !

Nous ne voulons pas voir nos droits syndicaux et à se mettre en grève être piétinés.  Nous demander la fin des seuils pour la syndicalisation et autres restrictions aux libertés syndicales mises en place après le coup d’état de 1980. (…) Nous nous levons contre un code du travail où les patrons et l’Etat peuvent déterminés le syndicat auquel nous pouvons adhérer. Nous descendons dans les rues pour mettre fin aux interdictions anti-démocratiques des grèves. Nous sommes dans les rues le 1er Mai pour le droit de se syndiquer, aux négociations collectives et aux grèves !

Par rapport aux autres travailleurs du monde, les travailleurs en Turquie bénéficient des vacances les plus courtes et du temps de travail le plus long, même en cas de maladie. Dans un pays où le taux de chômage atteint les 18%, le temps de travail doit être réduit. Nous sommes dans les rues le 1er Mai pour revendiquer la réduction du temps de travail à 37,5 heures (sans baisse de salaires) et un mois de vacances par an !

Nous levons nos voix contre ceux qui veulent exclure les femmes du travail en disant que « les femmes doivent rester au foyer » et ceux qui veulent condamner les femmes au travail à temps partiel et au salaire partiel. En tant que femmes, nous luttons pour un emploi stable et nous sommes dans les rues le 1er Mai !

Alors que le capital et les patrons tentent de faire baisser le prix de la force de travail, ce système de rapine détruit la nature et nos villes. Pour protéger nos logements, nos parcs, nos forêts et nos ruisseaux contre la destruction programmée pour plus de profits, nous sommes dans les rues le 1er Mai pour protéger nos lieux de vie et la nature !

Le 1er Mai en Turquie a toujours représenté une manace pour les pouvoirs en place. Commémorer nos camarades tombés le 1er Mai, en particulier les 36 travailleurs assassinés Place Taksim en 1977, est un droit et un devoir pour tous les travailleurs de Turquie.  Le 1er Mai, journée d’unité, de lutte et de solidarité, a été décrété jour férié grâce à la lutte organisée et déterminée de la classe ouvrière et en particulier de la DISK. Pour stopper ceux qui veulent revenir sur les acquis de la classe ouvrière, en particulier Place Taksim, nous sommes dans les rues le 1er Mai pour défendre notre histoire !

Les politiques de guerre et de destruction menées par le capital et les gouvernements sont des attaques continuelles contre la classe ouvrière et toute la population. La classe ouvrière veut la paix et la fraternité. Ce sont toujours les enfants d’ouvriers et de pauvres qui meurent dans les guerres. Les ressources utilisées en temps de guerre pour les armes sont toujours des moyens qui ne sont pas dédiés au pain et à l’emploi. Ce sont toujours des membres de la classe ouvrière qui sont transformés en ennemis lors des guerres. Lorsqu’il n’y a pas de paix et de fraternité, la classe ouvrière est divisée. Lorsqu’il n’y a pas d’unité de la classe ouvrière, c’est le capital qui gagne. Nous sommes dans les rues le 1er Mai pour proclamer « Paix dans nos chaumières, paix dans le monde » et pour avancer vers l’unité des travailleurs et la fraternité des peuples !

La Turquie est un pays où les moindres droits démocratiques sont foulés aux pieds, où le droit de s’organiser, de se rassembler de de faire grève, le droit à la liberté de pensée et d’expression, est foulé aux pieds. Aujourd’hui, descendre dans la rue signifie lutter pour la démocratie contre un gouvernement qui impose ses politiques oppressives, autoritaires, sectaires, impérialistes et fascistes. Nous nous dressons contre un système où seuls ceux qui ont le pouvoir, les patrons et le capital sont en sécurité, où seule la sécurité du gouvernement, et non de la population, est garantie dans un pays qui se transforme en prison à ciel ouvert. Nous sommes dans les rues le 1er Mai pour défendre nos droits démocratiques !

La Turquie est un pays où la pauvreté et la mort circulent librement, tandis que des journalistes, des intellectuels, des universitaires, des avocats, des personnalités politiques et des individus qui défendent leurs droits sont poursuivis et par les voleurs et les assassins. Nous sommes dans les rues le 1er Mai pour une véritable justice face à l’absence de droits !

Alors qu’on le mène inexorablement vers la destruction, notre pays a besoin de la force unie de transformation révolutionnaire de la classe ouvrière. Nous sommes dans les rues le 1er Mai pour déclarer que les travailleurs construiront un pays de travail, de paix et de démocratie !

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