Le 28 avril, une journée décisive

Article publié par l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Ce 28 avril sera une nouvelle journée de grèves et de manifestations, espérons-le massive, pour le retrait du projet de loi El Khomri. Nous étions déjà des centaines de milliers dans les rues le 9 et le 31 mars, sans compter les multiples initiatives qui ont été prises un peu partout, de Lille à Marseille, de Bordeaux à Strasbourg, manifestations, grèves universitaires, blocages de lycées, journées de grève des dockers, etc.

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Ces mobilisations ont été marquée, depuis le 9 mars, par une forte répression. Violences et provocations policières contre des blocages de lycées et des manifestations, évacuation par la force d’universités, arrestations arbitraires et même condamnations lourdes de manifestantes et de manifestants à de la prison ferme. On notera aussi que le gouvernement est loin d’apparaître « droit dans ses bottes » face à nos luttes. Après le 9 mars, le gouvernement a, sous la pression, remodelé à la marge son texte pour retirer certains éléments (comme la barémisation des indemnités prud’homales ou l’augmentation de la durée légale des apprentis mineurs). Le 11 avril, Valls a annoncé quelques mesurettes aux organisations de jeunesse. Cela bien sûr n’est pas suffisant, le projet de loi El Khomri contient toujours la destruction des dernières garanties collectives du monde du travail avec la possibilité de déroger au code du travail et aux conventions collectives par accord d’entreprise. Ce projet de loi, c’est aussi la possibilité de l’augmentation du temps de travail jusqu’à 46 voir 60 heures hebdomadaires, la baisse de la rémunération des heures supplémentaires, flexibilité accrue avec une annualisation sur trois ans du temps de travail, la remise en cause de la médecine du travail, etc.

Se mobiliser contre ce projet de loi reste plus que jamais nécessaire. Le succès des journées comme le 9 ou le 31 mars ont montré que le ras-le-bol était présent et bien présent tant dans la jeunesse que dans la classe ouvrière. Après des décennies de politiques anti-ouvrières, de gel des salaires, de licenciements, de hausse du chômage et de dégradation de nos conditions de travail, ce projet de loi c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Mardi 26 avril, ce sont les cheminots qui se mettront en grève. Pour les travailleuses et travailleurs de la SNCF, il s’agit de défendre leur convention collective, le RH0077, que la direction veut remettre en cause. Il y a déjà aujourd’hui 5000 cheminots, qui, embauchés par d’autres entreprises que la SNCF, ne bénéficient pas des garanties du RH0077, et le but de la direction est de niveler les droits des salariés du secteur ferroviaire vers le bas. La lutte des cheminots pour leur convention collective et la lutte interprofessionnelle contre la loi travail sont bien une seule et même lutte, la lutte pour défendre nos garanties collectives face à l’arbitraire patronal. D’ailleurs, il n’y a pas qu’à la SNCF que le patronat s’en prend aux conventions collectives. Pour ne prendre qu’un exemple, dans le secteur social, après avoir remis en cause la convention collective de 1951, les employeurs se préparent à remettre en cause celle de 1966. Il va de soi que si la Loi Travail passe, remettant en cause bien des droits collectifs pour le monde du travail, c’est un boulevard qui s’ouvrira, dans chaque secteur d’activité et chaque entreprise, pour remettre en cause les conventions collectives et les accords d’entreprises. Bien des cheminotes et cheminots en sont conscients, et c’est ainsi qu’un préavis de grève est aussi déposé pour le 28 avril à la SNCF.

On peut regretter qu’il vienne trop tard, pinailler sur certaines tournures de phrases mais qu’importe, l’appel lancé par le 51ème congrès de la CGT permet de poser la question de l’heure : celle de la reconduction de la grève. C’est aujourd’hui la question centrale pour amplifier et construire le rapport de force qui peut nous permettre de faire reculer le gouvernement. Il va de soi que construire la reconduction de la grève ne saurait se limiter à crier « grève générale » dans les manifestations ou à attendre qu’un mot d’ordre tombe. Cette grève générale reconductible, il faut la construire, et cela commence dans les entreprises, les branches d’activité ou les zones industrielles.

Le 9 mars déjà, avant même que les directions syndicales ne se décident à appeler à rejoindre les manifestations qui s’organisait un peu partout, des sections syndicales, des unions locales et même des fédérations appelaient à se mettre en grève et à rejoindre les manifestations. On notera que lors de plusieurs journées d’actions, au Havre, la ville était bloquée dès le matin par les dockers. De nombreuses structures syndicales ont aussi commencé à poser la question de la reconduction de la grève avant même le congrès de la CGT.

Si la reconduction de la grève prend, elle débutera probablement dans de grandes entreprises ou grandes concentrations industrielles, dans des secteurs stratégiques comme les transports ou la pétrochimie par exemple. Il nous faudra alors éviter les écueils des précédents mouvements comme la grève par procuration ou le culte des blocages et leur opposer l’extension de la grève. Dès lors que la reconduction de la grève sera décidée dans une entreprise ou un secteur d’activité, il faudra s’en servir comme de foyers pour populariser la reconduction de la grève dans d’autres entreprises, aller vers les autres boîtes et étendre la grève aux autres boîtes.

Alors que ces lignes sont écrites, rien, bien sûr, n’est gagné. Mais une journée de grève massive et d’importantes manifestations le 28 avril serait un point d’appui pour aller vers la reconduction de la grève dans un certain nombre d’entreprise. Comme le disait Brecht, « celui qui lutte peut perdre, mais celui qui ne lutte pas a déjà perdu ».

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