Au Royaume-Uni, grève historique des urgences médicales

LE MONDE | 26.04.2016

Les "junior doctors" manifestent, mercredi 6 avril, devant le ministère de la santé, dans le centre de Londres.

Les « junior doctors » manifestent, mercredi 6 avril, devant le ministère de la santé, dans le centre de Londres. JUSTIN TALLIS / AFP

En 68 ans d’existence, le Service national de santé (NHS), qui fait la fierté des Britanniques, n’avait jamais connu un conflit aussi radical. Mardi 26 et mercredi 27 avril, même les urgences ne seront pas assurées dans les hôpitaux anglais (Ecosse et Pays de Galles disposent de NHS autonomes). Les « junior doctors », catégorie comparable aux internes français, sont appelés à une « grève totale » pendant deux jours, entre 8 heures et 17 heures. Le mouvement devrait être fortement suivi tant le conflit qui les oppose au ministre de la santé, Jeremy Hunt, s’est envenimé ces derniers mois. « Ne venez à l’hôpital qu’en cas de véritable urgence. Sinon, allez voir votre pharmacien », conseille le site du NHS. Plus de 100 000 rendez-vous pris pour les deux jours de grève et près de 13 000 opérations, y compris des accouchements programmés, ont été annulés. Des médecins spécialistes ou plus gradés ont été appelés à la rescousse pour remplacer les dizaines de milliers de « junior doctors » qui doivent manquer à l’appel.

Chargé de concrétiser la promesse électorale faite en 2015 par les conservateurs d’un NHS fonctionnant sept jours sur sept, M. Hunt veut supprimer les primes versées pour le travail du samedi et réduire celles qui compensent aujourd’hui le travail de nuit et du dimanche. Sa volonté de passer en force, en imposant aux médecins qui sont des agents publics un nouveau contrat avec l’Etat incluant ces nouvelles contraintes, n’a fait que renforcer la détermination des jeunes praticiens qui font grève pour la quatrième fois depuis le début de l’année. L’augmentation du salaire de base de 13,5 % qui leur est promise en contrepartie de l’abandon de leurs primes est loin de compenser une nouvelle organisation qui, en leur imposant des semaines de travail pouvant atteindre 50 à 60 heures, compromettrait, selon eux, non seulement leur mode de vie mais surtout la qualité des soins.
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