A Mayotte, déjà 15 jours de grève générale

France Culture, 13 avril 2016 :

Depuis deux semaines, l’île de Mayotte est en grève générale. Dans ce territoire d’Outre-Mer, devenu en 2011 le 101è département français, les syndicats réclament « l’égalité réelle » avec la métropole.

Depuis le 30 mars, une intersyndicale (FSU, FO, CGT, Solidaires, SNuipp, CFDT, SAEM) réclame « l’égalité réelle » avec la métropole. Les protestations ont débuté par des manifestations. Et depuis lundi, des grévistes ont installé des barrages , bloquant les principaux axes de l’île. Du coup, Mamoudzou, le chef-lieu du département, tourne au ralenti. Travailleurs et bus scolaires ne peuvent pas y accéder.

Si l’île est désormais département français, elle reste très marquée par la pauvreté, les inégalités et les discriminations institutionnelles. La mise en place du droit commun est en effet loin d’être achevée.

Aligner les droits sociaux avec ceux de la métropole

Les syndicats réclament notamment l’alignement des prestations sociales et familiales, aujourd’hui inférieures à celles de la métropole. Et l’application du Code du travail tel qu’il existe dans l’hexagone, c’est-à-dire la fin de toutes les dérogations locales. Le code du travail de droit commun est censé s’appliquer au 1er janvier 2018. « Mais sur les modalités de bascule nous voyons une volonté de maintenir les distorsions plus longtemps. Aujourd’hui les différences sont importantes. Par exemple, nous n’avons pas les prud’hommes, la protection du délégué syndical, le salaire minimum… », liste Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire départemental du Snuipp FSU. Les syndicats réclament aussi d’avantage de moyens pour lutter contre l’insécurité et la construction d’écoles.

Premières discussions annoncées

Ces revendications ne sont pas nouvelles. Mayotte avait connu une première grève en novembre dernier, au moment de la venue de la ministre des Outre-mer sur l’île George Pau-Langevin. Un mouvement stoppé par la proclamation de l’état d’urgence, à la suite des attentats du 13 novembre à Paris.

En début de semaine, les syndicats ont annoncé qu’ils tiendraient les barrages jusqu’à la venue d’un émissaire envoyé depuis Paris : le Ministère du travail devrait envoyer quelqu’un la semaine prochaine, a annoncé la Ministre. D’ici là, des représentants des syndicalistes mahorais seront reçus vendredi par les directeurs des cabinets des ministères concernés (Outre-Mer, travail, affaires sociales et fonction publique) pour un bilan d’étape.

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