Grève générale à Mayotte pour réclamer « l’égalité réelle » avec l’Hexagone

I-Télé, 12 avril 2016 :

Le 101e département français vit depuis le 30 mars au rythme d’une grève générale, pour protester contre l’urgence sociale à laquelle fait face l’archipel.

Des salariés du privé ou du public à l’arrêt, des manifestations régulières, des blocages routiers : voici deux semaines que l’île-de-Grand Terre est paralysée par un mouvement social de grande ampleur. Une grève générale a débuté le 30 mars dans l’archipel de Mayotte, cinq ans exactement après son accession au statut de département.

Sur ce territoire peuplé de plus de 210.000 habitants, miné par un chômage endémique et par l’insécurité, les manifestants réclament depuis le 30 mars « l’égalité réelle » avec l’Hexagone, qui tarde à arriver, notamment sur le niveau des prestations sociales, le droit du Travail ou encore le développement des services publics. Les mêmes revendications avaient été exprimées dans la rue en novembre dernier.

Ce lundi, les grévistes avaient à nouveau érigé des barrages dès l’aube aux quatre coins de l’île, bloquant les axes principaux et empêchant tout accès vers le centre de Mamoudzou. Le chef-lieu du département était presque désert, avec une circulation et des activités réduites.

Le conflit social semble s’enliser et ne donne pas pour l’instant de signes d’essoufflement. Les syndicats réclament d’être entendus par Paris, et réclament la venue d’un émissaire. Mayotte devrait suivre avec attention l’interview de la ministre des Outre Mers George Pau-Langevin, ce mardi à 18h30 sur France Ô.

La situation sociale de l’île, qui concentre plusieurs difficultés, est explosive. Selon l’enquête Emploi Mayotte 2015 de l’Insee, le taux de chômage (au sens du Bureau international du Travail) atteignait 23,6% au 2e trimestre 2015, soit près de deux fois et demi le niveau de la métropole. En un an, il a quasiment augmenté de quatre points.

Dans ce département considéré comme le plus jeune de France, où les mineurs représentent la moitié de la population, le manque d’infrastructures scolaires et d’enseignants est aussi l’une des revendications principales des Mahorais. En 2014, les trois quarts des plus de 15 ans n’avaient pas de diplôme qualifiant.

Dans un récent rapport, le Défenseur des droits a estimé que près de 5.000 jeunes n’étaient actuellement pas scolarisés. Une donnée qui avait révoltée fin mars une représentante de l’ONU.

« On voit bien que les gens ne sont pas venus travailler. Depuis la grève dure contre la vie chère, en 2011, on n’a pas assisté à un tel blocage de l’île, avec des barrages partout », a expliqué anonymement un autre syndicaliste à l’AFP lundi. Selon lui, les habitants approuvent les revendications de l’intersyndicale et ne font rien pour s’y opposer, ou pour libérer les routes, organisant ainsi une sorte de résistance passive.

Une réponse à “Grève générale à Mayotte pour réclamer « l’égalité réelle » avec l’Hexagone

  1. Pingback: Grève générale à Mayotte pour réclamer “l’égalité réelle” avec l’Hexagone — Solidarité Ouvrière – musnadjia423wordpress

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s