A Dieppe, un maire PCF du Front de Gauche s’attaque aux réfugié-es

Article publié par l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Depuis l’annonce de l’expulsion de la zone Sud de Calais, une partie des exilé-es est partie tenter sa chance sur des côtes normandes afin d’atteindre leur destination finale, la Grande Bretagne. C’est le cas à Caen-Ouistreham, Cherbourg, le Havre et Dieppe.

Aux conditions franchement pas réjouissantes pour arriver aux ports, aux multiples essaies épuisants et des traversées maritimes à faible chance de réussite pour celles et ceux qui y arrivent s’ajoutent le manque d’hébergement, de nourriture, d’hygiène, de stricte nécessaire pour vivre et la répression policière quotidienne avec des véritables chasses à l’homme. Bref, des conditions de vie indignes avec des dangers de mort permanents et avec comme seul espoir le rêve de réussir un jour de monter dans un camion et arriver en Angleterre.
Comme si toute cette misère n’était pas suffisante, ces femmes et ces hommes sont en plus la cible préférée et les bouc-émissaires des élus politiques locaux sans scrupules et sans un brin d’humanité. Les élus de droite et d’extrême droite nous ont déjà habitués à des élans de racisme et de xénophobie. Ils l’affichent fièrement autant que leur écharpe bleu-blanc-rouge mais ils ne sont pas les seuls. Ce que l’on entend bien moins et surtout ce que l’on ne dénonce pratiquement pas c’est lorsque le même racisme et la même xénophobie, bref la même haine et le comportement populiste et réactionnaire digne des pires fachos, viennent des élus de « gauche ».

A Dieppe, c’est bien un maire du Parti Communiste Français / Front de Gauche, Sébastien Jumel, qui a demandé le concours de la force publique pour expulser un camp d’exilés installé sur sa commune. Et tout ça dans une union sacrée avec le président de la région, l’ex ministre de la défense, Hervé Morin de l’UDI.

La justice bourgeoise a bien entendu donné son accord et le camp a été expulsé le 1er avril. Le maire « communiste » s’est réjoui de s’être débarrassé de cette « mafia albanaise » comme il aime appeler ces hommes et ces femmes qui ont fui les régimes dictatoriaux et répressifs, régulièrement frappés par des règlements de comptes ou bien des conflits armés, au Kosovo et en Albanie.
Les réfugié-es n’ont pas disparu, non. Ils se sont juste déplacés de quelques centaines de mètres en retournant à leur misère et galère quotidienne : les passeurs, la répression policière, les attaques racistes, le manque de toit et de nourriture… et toujours ce rêve, chaque jour plus lointain, de partir en Angleterre. Rien n’a radicalement changé pour eux, c’est juste pire.

La méprise de ce maire « communiste » pour ces gens que l’Etat français et la politique anti-migratoire de l’Europe Forteresse obligent de vivre comme des animaux est déjà suffisante pour que l’on ne se pose même pas la question s’il avait le « choix ». Et même si l’on se la posait, on pourrait trouver quelques éléments de réponse du coté de Grande-Synthe où la municipalité, pourtant face à 10 fois plus d’éxilé-es dans un camp de fortune, n’a pas demandé l’expulsion mais bien la construction d’un camp permettant un accueil bien plus accueillant que les insultes et les matraques.

Le PCF de Dieppe n’a pas cherché l’alternative. Il ne l’a pas proposée non plus. Il ne l’a pas écoutée. Il a juste expulsé !

Mais finalement, rien d’étonnant, certaines municipalités dites « Front de Gauche » ou « communistes » se sont déjà illustrées dans les expulsions des camps de rroms main dans la main avec Sarkozy, Guéant, Valls et autres Cazeneuve. Bien entendu, on sait aussi les voir bien arborés de leurs jolies écharpes en sauveurs des veuves et orphelins… sous conditions qu’il s’agit d’une période pré-électorale et qu’il y a suffisamment de cameras.

L’ironie du sort, en même moment, Pierre Laurent et compagnie nous livrent leurs petites vidéos sur les sujets comme « c’est quoi être communiste en 21ème siècle ? ».

Etre communiste c’est déjà ne pas cautionner les discours populistes, nationalistes et souverainistes d’un Parti qui a déjà suffisamment longtemps usurpé le nom du « communisme » et la place dans le mouvement ouvrier, ne pas accepter la collaboration avec l’appareil répressif de la bourgeoise contre son propre camp et les plus vulnérables parmi nous et combattre les comportements dignes de l’extrême droite réactionnaire et raciste.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s