A Dijon, les soignants craignent pour l’avenir de la psychiatrie

France Bleu, 10 mars 2016 :

Ce jeudi après-midi, plus de 150 soignants en psychiatrie de toute la grande région ont manifesté devant l’Agence régionale de santé à l’appel de la CGT. Ils craignent que le regroupement des hôpitaux, imposé par la loi santé, se fasse au détriment de la psychiatrie.

A Dijon, les soignants craignent pour l’avenir de la psychiatrie. Ils étaient près de 150 à manifester devant l’Agence régionale de santé ce jeudi après-midi. Venus de toute la grande région, ils protestent contre les groupements hospitaliers de territoire (GHT). A partir du 1er juillet prochain, dix hôpitaux de Côte-d’Or et de Haute-Marne seront regroupés au sein d’une même structure.

La psychiatrie, parent pauvre de la médecine

Le but, c’est de faire des économies, mais c’est encore la psychiatrie qui va trinquer. « Par rapport à d’autres spécialités comme la cardiologie ou la réanimation, on sait bien que la psychiatrie a toujours été le parent pauvre de la médecine, dénonce Sylvie Gavezzi, infirmière psychiatrique et secrétaire de la CGT à la Chartreuse à Dijon. La psychiatrie n’intéresse pas : on ne rapporte pas d’argent, on a des patients qui sont hospitalisés longtemps, parce qu’ils ont des pathologies qui nécessitent des hospitalisations longues. »

Un temps sur lequel Agnès Demangeot, aide-soignante, n’est pas prête à rogner. « En temps que soignant, quand on nous parle de bien-traitance, ça devient difficile de se dire que demain, il faut qu’en 21 jours, nos patients soient guéris et aptes à rentrer chez eux, déplore-t-elle. La psychiatrie, ce n’est pas comme les soins généraux, on est obligé de prendre du temps. »

La psychiatrie nécessite plus de temps, mais aussi plus de moyens humains que la chirurgie ou l’obstétrique. « En psychiatrie, la prise en charge ce n’est pas un lit, une infirmière, un médecin, martèle Jérôme Lallemant, infirmier à la Chartreuse. C’est beaucoup d’autres choses. C’est tout ce qui va permettre de réinsérer les personnes dans la société. Donc les activités thérapeutiques, qu’elles soient sportives, culturelles ou éducatives, sont très importantes. Et ça se fait avec des moyens humains. » Des moyens qui risquent d’être mutualisés entre tous les hôpitaux du nouveau regroupement.

Une réponse à “A Dijon, les soignants craignent pour l’avenir de la psychiatrie

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s