Rassemblements du 9 mars dans l’Aveyron

La Dépêche, 4 mars 2016 :

Alors que les responsables syndicaux l’appellent de leurs vœux depuis plusieurs mois, l’union de la majeure partie des différentes centrales semble enfin avoir vu le jour. Hier, les représentants départementaux de la CGT, FSU, FO et Solidaires ont tous parlé d’une seule et même voix pour demander le retrait pur et simple du projet de loi El Khomri, qui défraye la chronique sociale depuis maintenant plusieurs jours.

«Nous pensions avoir tout vu avec les lois Macron et Rebsamen mais là, nous sommes confrontés à la pire régression sociale de l’histoire de France, a attaqué David Gistau, responsable de l’union départementale de la CGT. Le texte n’agite pas que quelques chiffons rouges, il en est un à lui tout seul. Le président de la République s’est engagé à inverser la courbe du chômage mais celle qu’il inverse, c’est celle du progrès ; quant au gouvernement, il met en place de la sécurité dans tous les domaines, sauf en ce qui concerne les salariés. Je n’ai jamais vu que les licenciements d’aujourd’hui puissent créer les emplois de demain. Si c’était un gouvernement de droite qui avait proposé les mêmes mesures, 90 % des parlementaires de gauche seraient dans la rue avec nous.»

«Cette réforme est vendue comme un outil contre le chômage mais elle est économiquement inutile. Nous sommes face à quelque chose qui a déjà démontré son inefficacité», a surenchéri Sylvain Lagarde, secrétaire de la FSU, imité, dans la foulée, par Robert Phavorin, de la branche éducation du syndicat Sud : «Le code du travail est prévu pour sécuriser l’emploi et les employés. Là, ce qui est sécurisé, ce sont les employeurs. Il y a un renversement complet des normes.»

Déterminés à ne rien lâcher, les quatre syndicats ont tous mis en exergue l’ampleur que le mouvement de grogne commençait à prendre.

«Il y a des secteurs d’activité qui bougent naturellement et d’autres qui sont plus mous mais depuis quelques jours, ces derniers se raidissent, a souligné David Gistau. Ce sont des signes très positifs. De même, vingt-trois organisations de la jeunesse ont appelé à se mobiliser le 29 mars. Nous ne pouvons que nous féliciter qu’elles aient pris conscience de la gravité de ce qui entoure leur avenir.»

«Il faut savoir qu’une partie du patronat est opposée à cette réforme, a révélé le représentant de FO, René Mory. Le code du travail représente une base minimale que chaque salarié peut revendiquer et sur laquelle il est possible de s’appuyer pour négocier les conventions collectives. En le supprimant, on détruit le dialogue social.»

Mobilisation les 9 et 31 mars dans l’Aveyron

Des paroles aux actes, il n’y a qu’un pas que les quatre entités ont choisi de franchir les 9 et 31 mars. La première de ces deux dates verra des rassemblements se tenir à Rodez, Millau, Villefranche-de-Rouergue et Decazeville, à 17 h 30, devant les permanences du PS et du député Yves Censi pour la première ville, et devant celles de Marie-Lou Marcel, également élue à l’Assemblée nationale, dans les deux dernières.

«Si tous ceux qui se sont exprimés via les réseaux sociaux vont dans la rue, on peut s’attendre à quelque chose similaire aux mouvements de 2006 et 2010», a annoncé David Gistau, avant que René Mory ne lance un appel en direction du Nord et de Lille : «Si Martine Aubry veut venir manifester à Rodez avec nous, je l’accueille volontiers».

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