Vallourec : la colère exprimée devant le siège du groupe

La Voix du Nord, 18 février 2016 :

Trente Vallourec Saint-Saulve (CFDT) et trente-huit Vallourec Aulnoye-Aymeries (FO) plus quelques CGT venus par leurs propres moyens ont manifesté ce jeudi devant le siège de Vallourec à Boulogne-Billancourt. Tous sont inquiets pour leur avenir et ont besoin de réponses à leurs questions.

Les postés de nuit. Xavier Harox et David Dehove ont embarqué à bord du bus de la CFDT après leur travail de nuit au laminoir de la tuberie. Les yeux fatigués par une nuit de travail de huit heures, ils se devaient d’être là, « car nous sommes les premiers concernés par le plan social ». Les deux Marlysiens ont peur de leur avenir : « Nous sommes dans la mauvaise tranche d’âge. Si on nous licencie, que va-t-on devenir ? »

Les aciéristes. Cinq aciéristes ont tenu à faire le déplacement à Paris avec leurs collègues de la tuberie. Xavier Holin, 39 ans (16 ans de Vallourec) et Joachim Cogez, 34 ans (15 ans), attendent de connaître le nom du repreneur, « nous sommes dans la crainte car nous ne savons pas dans quelques conditions nous allons être repris. L’ambiance est donc très tendue ».

L’organisatrice. Marie-Claire Fiévet est de ceux, à la CFDT, qui ont organisé ce déplacement. Durant la journée, elle a été une mère pour les présents. À 54 ans, elle comptabilise 35 ans de Vallourec, « avant moi, mon père y a travaillé. Les fils de la famille y travaillent aussi. Je pensais y finir ma carrière mais là c’est un jour à la fois ». La secrétaire à la tuberie, divorcée, se fait du souci pour les études de sa fille qu’elle va devoir financer. Voir autant de monde mobilisé hier lui a fait chaud au cœur.

Le tubiste syndiqué. Frédéric Maréchal a assuré la sécurité de la marche autour du siège de Vallourec et en statique devant l’immeuble de verre. Le syndicaliste de 45 ans travaille à Saint-Saulve depuis 22 ans, « je suis venu pour protéger mon outil de travail et arrêter les suppressions d’emplois. Que la direction arrête de nous mentir depuis le premier PSE ». Lui aussi a été réchauffé de la froidure ambiante par ces centaines de Vallourec venus de toute la France (sept bus) et d’Allemagne (trois bus).

L’expatrié. Jean-Marie Cacheux, 27 ans, a débuté sa carrière chez Vallourec au laminoir de Saint-Saulve il y a huit ans. En avril, il a décidé de suivre sa compagne et demandé sa mutation à Déville-les-Rouen. Là, comme à Saint-Saulve, le laminoir va fermer, « finalement je vais aussi me retrouver sans boulot ». Le jeune homme a profité de quelques jours de repos de chômage partiel pour se rendre à la manif avec ses anciens collègues. Sur place, c’est avec ceux de Déville qu’il a lutté.

L’Aulnésien. Mathieu fête cette année ses quarante ans, vingt ans de Vallourec à la tuberie d’Aulnoye-Aymeries. Pour l’instant, il n’est pas concerné par le PSE mais « a peur de l’être à terme ». Il espère que la manifestation va marquer les esprits. De mémoire de policier parisien, il n’y avait jamais eu de manifestation devant le siège de Vallourec, à Boulogne-Billancourt.

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