Manifestation des travailleurs de Lafarge à Clamart

Charente Libre, 18 février 2016 :

Des salariés de Lafarge sont montés au siège du groupe à Clamart hier mercredi. Pour protester contre la restructuration du site de La Couronne. Sur place, ils étaient 250 manifestants de tous les sites français.

Hier mercredi matin, 4h. Devant l’usine Lafarge à La Couronne, le car fume dans le froid et une file d’hommes portant banderoles et bonnets s’y engouffre. Ils sont vingt-sept à embarquer. Vingt-sept salariés de la cimenterie, levés tôt pour rouler vers le siège du groupe Lafarge-Holcim à Clamart, dans les Hauts-de-Seine.

«On bouge pour marquer le coup. Faire grève pendant longtemps, s’apitoyer ou tout casser ne sert à rien», observe Yannick Garcia à voix basse dans le car endormi. Tous racontent le «coup de bambou» le 4 février, quand la direction a annoncé la fermeture du four et la suppression de 89 postes, sur les 117 que compte le site couronnais, transformé en station de broyage en octobre prochain.

«Pour l’instant on ne sait rien, on regarde si on fait partie de ceux qui pourraient conserver leur poste et on se dit: est-ce que ça ne serait pas un miroir aux alouettes?», s’interroge Olivier Texier, élu CGT au CE. «On est installé en Charente, on n’a pas envie de bouger avec les petits-enfants qui se profilent», s’inquiète aussi Martine, venue avec son mari Philippe.

Dans les paroles, c’est la résignation qui surnage. L’incompréhension aussi devant la stratégie du groupe: «au comité central d’entreprise d’avril, le président de Lafarge-Holcim saluait la belle performance de l’usine du Havre et regardez ce qui se passe aujourd’hui», déplore Guy Papon. La direction vient d’annoncer la transformation de la cimenterie havraise en station de broyage.

A La Couronne aussi

Les Normands étaient nombreux à Clamart hier matin. Avec ceux des autres sites français et les collègues du béton et des granulats. Pour cette journée de grève nationale, ils étaient environ 250 devant le bâtiment de verre moderne et imposant qui abrite le groupe. Jean-François Dauré, maire de La Couronne, et William Jacquillard, conseiller régional, ont pris la parole pour soutenir les grévistes.

Parallèlement, à La Couronne, ceux qui n’ont pas pu monter à Clamart tenaient le piquet de grève devant les grilles de l’usine. «Ca fait 35 ans que je suis dans la boutique, je n’ai jamais vu un four redémarrer», regrette Serge Testouin de FO. «Oui mais là, le four, il n’est pas encore arrêté», rétorque un autre collègue qui veut garder espoir. La grève a été suivie à 80% sur le site charentais. Elle coïncidait avec un jour où, de toute façon, le four n’aurait pas fonctionné.

Dans son bureau, la directrice comprend le mouvement. «C’est légitime d’exprimer sa tristesse», commente Sandrine Peraud-Degez qui réaffirme sa volonté de rester ici tant que tous les salariés concernés par la fermeture n’auront pas trouvé de reclassement. Elle réagit aux propos tenus jeudi soir par la CGT, lors de la réunion publique au théâtre de La Couronne. «Je peux vous garantir que ce sera plus rentable de faire venir le clinker de Martres-Tolosane en train que de continuer à le fabriquer ici.»

Elle garantit aussi la pérennité de l’unité de broyage qui va rester à La Couronne. Un discours qui a visiblement rassuré François Bonneau, le président du conseil départemental, et Xavier Bonnefont, maire d’Angoulême, qu’elle a rencontrés hier (lire ci-dessus). «Oui, elle, elle s’engage», reconnaissent les manifestants devant l’usine. «Mais elle n’a pas assez de pouvoir. On sent que la direction à Clamart attend les départs volontaires.»

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