Le Mans : Les « Renault » débrayent pour leurs salaires

Ouest France, 18 février 2016 :

Lors de la deuxième réunion de négociations salariales à Boulogne-Billancourt, la direction a refusé l’augmentation générale annuelle aux salariés. Ça grogne sur le site du Mans.

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La polémique

Malgré la cinquantaine d’embauches enregistrées ces derniers mois, tous les services étaient appelés à débrayer sur le site de Renault Le Mans, hier, à l’appel de la CGT et de la CFDT. Près de 150 salariés, au plus fort du mouvement, se sont retrouvés devant l’usine de châssis de la rue Pierre-Piffault, autour de sandwiches et de café chaud.

« Notre part du gâteau »

L’objet de cette mobilisation ? La deuxième réunion de négociations annuelles obligatoires (NAO) sur les salaires, qui avait lieu, au même moment, au siège de Boulogne-Billancourt. Lors des premiers pourparlers, il y a quinze jours, la direction du constructeur avait décidé « zéro centime d’augmentation générale des salaires (AGS), détaille Richard Germain de la CGT. Aujourd’hui, elle a confirmé cette décision. Cela représentait pourtant une moyenne de 20 € par salarié et par mois, à compter de mars, pour faire face à l’inflation et maintenir leur pouvoir d’achat. »

Montée des intérimaires

« Renault souhaite privilégier les augmentations individuelles, examiner le coup par coup », regrette Christophe Janvier, de la CGT.

« Inconcevable », pour Rachid Karroumi, 39 ans, père d’une enfant de 3 ans et demi. L’usineur engrange 10 ans d’intérim et 10 ans de CDI. « Au vu des très bons résultats de l’entreprise, on veut notre part du gâteau. Je gagne 1 750 € par mois. Ça m’aurait fait environ 17 € de plus par mois. » Un argument que ne retient pas la direction nationale, qui dit ne pas avoir les reins suffisamment solides pour poursuivre l’augmentation systématique.

Pourtant, le travail est bel et bien reparti, l’automobile se porte mieux, et la production mancelle bat son plein. Pour preuve, le recrutement massif d’intérimaires, baromètre fiable de la reprise économique, selon le syndicat CGT. « Ils sont 400 intérimaires dans l’usine aujourd’hui, tellement il y a du boulot. Un record qu’on n’avait pas atteint depuis bien longtemps. On travaille même à flux tendu », pointe Matieu Harreau. C’est dommage, selon l’usineur cégétiste. « On n’est pas assez nombreux pour faire du stock. Du coup, on bosse au jour le jour pour répondre aux commandes. »

Des embauches au Mans ?

La semaine dernière, le constructeur a annoncé le recrutement de 1 000 CDI dans l’Hexagone, cette année. Cela, « conformément à l’engagement pris, en 2013, pour une nouvelle dynamique de croissance et de développement social de Renault en France. »

Le site de construction de châssis pour Renault, Dacia et Nissan, au Mans, pourra-t-il profiter de ces futures embauches ? « Rien n’est encore décidé, mais de toute évidence ce n’est pas suffisant », avance Richard Germain.

Le souhait des travailleurs manceaux ? « Que les recrutements se fassent niveau BEP ou CAP pour que les intérimaires puissent postuler, martèle Matieu Harreau. Aujourd’hui, on les retire du site, et l’usine arrête de tourner. »

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