La colère grandit chez Renault-Lardy

Essonne Info, 17 février 2016 :

C’est la colère chez Renault-Lardy. Ce mardi 16 février, une partie des salariés du site de recherche Renault a manifesté durant une heure pour protester contre la direction du groupe. La question des salaires est au centre des revendications.

Ce mardi matin, une centaine de salariés de l’usine Renault de Lardy sont à l’entrée de leurs locaux, drapeaux et pancartes en main. En cause, le « refus » de la direction de Renault France de remettre en place l’AGS, comprenez les augmentations générales de salaire, d’après le personnel gréviste. Privilégiant les augmentations individuelles, la direction du groupe s’est mise une parti du personnel à dos ce mardi matin. La veille, un mouvement similaire avait déjà eu lieu pour cette même raison. En privilégiant les augmentations individuelles, ce sont 10% des salariés qui ne toucheront aucune prime. « On veut une augmentation pour tout le monde » résume Mickaël Lhuillery, secrétaire CGT du site.

Une partie du personnel du centre de Lardy, qui emploie un peu plus de 1 500 personnes comprenant des ingénieurs, des cadres, mais aussi des techniciens et des ouvriers, appelle au rassemblement afin de se faire entendre. En ce mardi, l’heure est au bilan. La deuxième réunion de négociation ayant eu lieu lundi 15 février, les propositions de la part de la direction ne manquent pas. Pourtant, les salariés sont mécontents. « La direction nous traite avec mépris » clament-ils.

Un dialogue de sourd ?

L’air est glacial. Pourtant, ils sont une centaine a s’être mis «en grève» pour une heure. « C’est un compromis de se mettre en grève pour une heure car les employés perdent sur leurs salaires » explique Mickaël Lhuillery. « C’est pour montrer à la direction que, symboliquement, nous sommes là ». S’ils sont devant le centre de Renault-Lardy, c’est pour une bonne raison. Depuis plus d’un mois, c’est un bras de fer avec la direction qui s’est engagé. « Ce que l’on demande, ce sont les augmentations générales de salaire, un augmentation de salaire pour tout le monde » poursuit-il. « Aujourd’hui, la direction réaffirme qu’elle ne veut plus des AGS car elle considère que 10% des salariés ne méritent pas d’augmentation ». Une inégalité qui ne plaît pas.

La deuxième négociation a eu lieu à Boulogne, au siège de Renault France. Un seul mot décrit ce qu’il s’est passé là-bas : « mépris ». En effet, depuis quatre ans, l’AGS reste à 0%. Pour remplacer ce manque, la direction préfère parler « d’intéressement », car elle considère que c’est un moyen de rémunération. Pour les salariés, ce n’est pas acceptable.

Un des représentant délégué du personnel, Vivien Lalleron, était présent lors de la négociation. Il raconte le tour de table avec Jean Agulhon, DRH de Renault France. « Ils nous ont fait un rappel de chiffre (…). On passe d’une marge opérationnelle de 3,9 à 5,1%. On se disait que c’était plutôt bien parti » explique Vivien Lalleron. « Et lorsqu’il nous dit ça, il rajoute et, je cite, que la marge opérationnelle est définie par la capacité a gérer nos coûts salariaux ». Il rit jaune. En effet, le DRH semble noircir le tableau. Pourtant, la direction est déterminée a signer un accord. Durant cette négociation, ce sont 4 propositions qui ont été faites, dont 0,2% d’AGS soit 3€ en plus sur un salaire de 1 500€. Très faible par rapport à ce que les salariés attendaient. Selon les représentants syndicaux, une autre option est retenue : une AGS à 0%, des augmentations individuelles de 1,4% et des compléments de carrière qui varient de 12 à 25€ en laissant toujours pour compte 10% des salariés qui ne percevraient aucune augmentation.

Bien que le but est de trouver un accord, il s’agit là d’une impasse. En effet, la direction a, littéralement, posé un ultimatum. « Ils nous ont bien fait comprendre que s’il y a signature, il y aura plus de mesures salariales et que, dans le cas contraire, tout ce qui a été proposé ne sera plus applicable » explique Vivien Lalleron. La signature est donc inévitable s’ils veulent espérer un peu plus. « Mon ressenti c’est que, globalement, la seule chose que la direction rétorque c’est qu’ils ne vont pas augmenter les salaires car ça nuirait à la compétitivité de l’entreprise. On ne savait pas quoi répondre à ça ». C’est avec une pointe d’amertume que le compte rendu de la négociation se termine.

Malgré ce débrayage, il n’est pas toujours facile pour les représentants syndicaux d’arriver à mobiliser les salariés. « En tout, on compte 50% d’intérimaires sur les usines, mais si on regarde les chiffres de plus près, sur les chaînes de montage, on arrive a 70 voire 80% d’intérimaires. Donc même si on voulait bloquer ce processus, ce serait très difficile car les intérimaires ne luttent pas forcément car ils se retrouveraient dans une situation précaire » explique Mickaël Lhuillery. La suite ? Une possible mobilisation durant la signature des accords de négociation au siège national de la société. Pour l’instant, aucune décision n’a été prise quant aux propositions faite par la direction. De son côté, celle-ci ne « fera pas de commentaires sur les négociations ». Entre des salariés au bord de l’implosion et une direction qui semble ferme sur ses choix, l’issue reste floue.

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