Echos de la grève générale en Guinée

Quelques échos de la grève générale ce 15 février en Guinée :

Conakry :

Rues vides, bureaux, commerces et banques fermés: Conakry et d’autres localités en Guinée avaient lundi des allures de villes mortes au premier jour d’une grève générale illimitée à l’appel des syndicats pour une série de revendications, selon un journaliste de l’AFP et des témoins.

A travers le pays, « la grève est suivie à 100%, il n’y a rien à dire », a affirmé à l’AFP Louis Mbemba Soumah, secrétaire général de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), une des coalitions ayant appelé à l’arrêt de travail, avec la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG, la plus importante du pays).

Ces centrales syndicales exigent notamment la baisse des prix des carburants et la satisfaction de revendications salariales.

Un déploiement policier important était visible à travers la capitale, notamment sur les grands boulevards et devant des écoles et universités, publiques comme privées, qui n’ont pas ouvert lundi, a constaté le journaliste de l’AFP.

De même source, les routes de Conakry, habituées à une intense circulation avec de fréquents embouteillages, étaient désertées par les véhicules. Les banques étaient fermées, comme les boutiques, commerces et marchés, dont celui de Madina, le poumon économique de la capitale, en banlieue. Seules quelques stations-services fonctionnaient dans le centre-ville.

Certains axes, notamment ceux menant de la banlieue au centre-ville, étaient fermés à la circulation pour les rares automobilistes qui ont tenté de s’y rendre.

Le transport en commun était également à l’arrêt, tant sur le réseau national qu’international, a indiqué Amadou Bah, chef de ligne à la gare routière de Bambéto (banlieue).

« Tant que nos patrons n’ordonnent pas l’ouverture de la gare, aucun véhicule ne partira d’ici, ni pour l’intérieur du pays ni pour les pays voisins », a-t-il affirmé.

A l’intérieur du pays, la même paralysie des activités était observée dans plusieurs grandes villes, notamment Kankan (est), N’Zérékoré (sud), Labé (nord), Mamou (centre) et Boké (nord-ouest), ont indiqué à l’AFP des résidents joints par téléphone depuis Conakry.

Le précédent arrêt de travail d’ampleur nationale remonte à janvier 2015: les syndicats avaient déclenché une grève générale illimitée pour réclamer des augmentations des salaires dans les secteurs public et privé. Ils avaient mis fin à leur mouvement dès son deuxième jour, après avoir trouvé un accord avec l’Etat. (AFP)

Labé :

En ce début d’après-midi, Labé, la capitale de la région du Foutah (centre de la Guinée) est calme. Les rues sont désertes, les banques fermées, le marché fermé. L’administration publique est ouverte par les hauts cadres, a raconté un témoin à guinee7.com. Selon le même témoin : « le matin certains mototaxis faisaient des courses mais les syndicalistes les ont ramenés à l’ordre. Ils sillonnaient les rues dans un minibus pour dire aux mototaxis d’arrêter de circuler.» (Guinée 7)

Fria :

Ecoles publiques et privées, banques, administrations, magasins et quelques boutiques fermés. Telle est l’image que présente la ville de Fria ce matin suite à l’appel lancé par certaines centrales syndicales.

Tôt ce matin, plusieurs élèves ont rallié les écoles mais à leur grande surpris, seuls les encadreurs étaient présents. Après plus de 30 min d’attente, ces derniers furent contraints de libérer les élèves faute d’enseignants.

Quelques enseignants interrogés nous ont confiés qu’ils respectent le mot d’ordre de grève puisque selon eux, la diminution du carburant y va dans l’intérêt de toute la population ; donc, ils ne peuvent pas rester en marge de cette grève.

Les représentants des différentes centrales syndicales, réunis à leur siège, se disent satisfaits de la suivie de cette grève.

« C’est une fierté pour nous de constater que la grève lancée par l’inter syndicale a été suivie à 99%. Pour cette première journée, les travailleurs de l’éducation, de la santé, les transporteurs et les banquiers ont tous appliqué l’avis de grève lancé par la hiérarchie. Notre souhait est que cela continue jusqu’à obtention de gain de cause », a déclaré Abdoulaye Diaby, secrétaire général de l’union local des travailleurs de Fria.

A l’hôpital préfectoral et à l’EDG (électricité de Guinée), un service minimum est mis en place. Du côté des services de sécurité, c’est la veille aux petits grains pour d’éventuels dérapages qui ne sont pour l’instant pas signalés.

Les syndicalistes de Fria exhortent les travailleurs l’administration préfectorale à les rejoindre car ce mouvement qu’ils observent n’est orienté contre personne mais plutôt dans l’interêt de tous les travailleurs de Guinée. (Guinée News)

2 réponses à “Echos de la grève générale en Guinée

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