Veille sociale et 115 : une quatrième grève à Toulouse

La Dépêche, 11 février 2016 :

Ce sera aujourd’hui la quatrième grève depuis la première, le 21 janvier, décrétée par la quarantaine de salariés de la Veille sociale de Haute-Garonne, le Pôle d’accueil d’information et d’orientation (PAIO), le 115 et l’Equipe mobile sociale et de santé (EMSS) qui réclament un véritable «Plan Marshall en Haute-Garonne pour les sans-abri». Un droit de grève exercé par ces services, à la fois sous la tutelle de l’État (préfecture) et de la mairie de Toulouse, «pour alerter les pouvoirs publics sur le manque persistant de places d’hébergement pour les personnes sans abri en détresse. De fait, nous sommes dans l’impossibilité de remplir correctement notre mission de service public».

Le 115 laisse 180 personnes par jour dans la rue

Tous les jours, le «115» adresse des refus aux personnes dans la détresse qui appellent pour trouver un logement d’urgence. La Veille assure «continuer de laisser en moyenne 180 personnes à la rue chaque jour, malgré une augmentation effective du nombre de places en 2015. Notre département reste encore sous équipé, c’est pour cela que nous appelons le gouvernement, à prendre la mesure de la nécessité d’un plan d’urgence».

La préfecture de la Haute-Garonne a pourtant fait un effort en augmentant les places d’hébergement. Le département dispose en effet de 2 314 places d’hébergement dont 860 d’urgence, «soit une augmentation de la capacité de 35 % en un an», avaient confié les services de l’État fin décembre 2015. Un dispositif qui peut, pour cause de grand froid, être complété par 77 places et 60 places d’urgence (froid intense) par les services de la ville de Toulouse. Pour autant, ça ne suffit plus. Récemment, le 3 février, le «115» a enregistré «191 refus d’hébergement par manque de places, soit 48 refus pour les hommes, 18 refus pour les femmes, 14 refus pour les couples et 111 refus à des familles, soit 30 ménages avec enfants (…) Ce qui, pour ce jour-là, équivaut à un taux de 7,73 % de réponses positives», déplorent les services spécialisés.

Mais la grève a ses limites. «On aimerait bien que ça cesse, confie Sylvie Fernandez, déléguée du personnel à la Veille. Nous faisons grève pendant deux heures, aujourd’hui, comme lors des précédentes grèves. On ne veut pas pénaliser les gens, mais on veut continuer à alerter les pouvoirs publics. Dans le département, il y a eu de gros efforts faits en matière d’hébergement d’urgence pour les familles, mais nous alertons surtout sur la situation des femmes seules qui se retrouvent dans la rue».

«Chaque jour, nous sommes témoins des violences subies par les femmes laissées à la rue – violences physiques, morales et sexuelles –, de la détresse des familles venant trouver refuge dans les locaux du PAIO, des personnes dans des situations sanitaires graves, contraintes de survivre à la rue», dénonce le 115 dont les salariés sont submergés.

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