La grogne monte au Kurdistan irakien

RFI, 10 février 2016 :

La colère contre le gouvernement de la région autonome du Kurdistan, au nord de l’Irak, ne retombe pas. Depuis huit mois maintenant, les fonctionnaires ne sont plus payés. Le président affirme que la région n’a plus d’argent. Le Kurdistan irakien est en guerre contre le groupe Etat islamique et le gouvernement national a coupé les budgets alloués à la région. Mais la population accuse les élites d’être corrompues. Jour après jour les employés de l’Etat sont de plus en plus nombreux à manifester. Reportage.

Enseignantes en grève à Souleimaiye, 9 février 2016

Assis, debouts, les professeurs bloquent une des artères principales de Souleymanieh. Parmi eux, Sazan. La jeune professeure brandit une rose en signe de paix. Ses mots, pourtant, expriment la colère. « Des professeurs ont été tués parce qu’ils réclamaient leur salaire et la liberté d’expression. Ici, tout est interdit sauf pour une minorité de personnes. Cette minorité gagne de l’argent sur le dos des autres. »

A côté de Sazan, Soran ne s’attend pas à ce que le gouvernement lui rende justice. Selon lui, cette institution n’existe plus. « Pour nous, il n’y a plus de gouvernement, dit-il. Le parti du président a empêché des parlementaires et même le président du parlement d’entrer dans la capitale Erbil. Ça prouve qu’aujourd’hui, ce sont les partis politiques qui prennent les décisions. Le gouvernement n’a plus le contrôle. »

Parmi la foule, difficile de trouver un journaliste étranger. Pourtant, c’est aux populations occidentales que l’institutrice Payman aimerait s’adresser : « Cette région en carton n’est pas celle qu’on vous a présentée. Tous les jours au nom de la démocratie des gens disparaissent ou se font tuer. Ce sont les pays occidentaux qui ont soutenu ceux qui nous gouvernent aujourd’hui. Mais les autorités kurdes n’écoutent pas leur peuple. »

Policiers, médecins, employés de banque… Tous ont rejoint les rangs des professeurs qui ont lancé le soulèvement il y a quatre mois. Vingt ans après s’être révoltés contre l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein, les Kurdes reprennent en choeur le même chant révolutionnaire. Cette fois-ci, contre leur propre président.

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