Grève historique chez Servier contre les suppressions de 610 postes

Ouest France, 2 février 2016 :

« 610 familles sacrifiées », des salariés « trahis »: plus de 200 employés de Servier ont manifesté mardi devant le siège du groupe pharmaceutique à Suresnes, près de Paris.

Servier

« On veut travailler », criaient des manifestants, des femmes pour la plupart, vêtues de chasubles mentionnant leur ancienneté avec le mot « trahi(e) », aux couleurs de leurs régions. Sur la grande banderole de l’intersyndicale CFDT-Unsa à l’origine de cette mobilisation – une « première » au sein de l’entreprise – le message: « Servier Biogaran 345 millions de profit + 2 milliards de cash = 610 familles sacrifiées ! »

« Tout le monde s’est mobilisé », s’est félicitée Jacqueline Gaillard, déléguée Unsa. Selon elle, « au moins 400 » manifestants étaient rassemblés à Suresnes, la direction recensant de son côté « près de 200 grévistes ».

« Fidélité sacrifiée », pouvait-on encore lire sur une pancarte. « En novembre, à 17h, on nous a demandé d’allumer notre ordinateur et de regarder nos mails. On a appris qu’on était tous virés », raconte une visiteuse médicale chez Servier depuis 16 ans.

610 postes sur 690

Pour cette salariée de la côte basque, ce fut « un grand choc ». D’autant que, dix-huit mois auparavant, « le plan Renaissance nous promettait la préservation de l’emploi et beaucoup de personnes ont accepté de déménager avec des démissions de postes des conjoints, changements d’école pour les enfants, pour rester chez Servier ». « C’est pour ça qu’on emploie le mot trahi », explique-t-elle.

Depuis l’annonce le 26 novembre du plan prévoyant la suppression de 610 postes nets sur 690, « la cellule psychologique n’a jamais vu une telle détresse, beaucoup de salariés ne s’en remettent pas », c’est « la colère, l’incompréhension, la douleur », rapporte Marie-Pierre Juyoux, déléguée CFDT (majoritaire).

Elle reproche au groupe de n’avoir pas « anticipé », de « faire en une seule fois ce que les autres labos font depuis 10 ans ».

Alors que le projet doit être négocié jusqu’en avril, les syndicats réclament des mesures d’accompagnement et des indemnités « à la hauteur d’un plan social aussi massif ».

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