Prenons en compte la dure vie de ces pauvres entrepreneurs !

Article publié par l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Les propos de Macron sur la dure vie, tellement plus dure que celles du commun des mortels, salariés, employés, ouvriers ou chômeurs, que subissent les entrepreneurs (ce mot qui sert à désigner ce que l’on appelait patrons depuis que le CNPF s’est rebaptisé MEDEF) devrait nous interroger sur la condition patronale. C’est vrai quoi, nous les travailleuses et les travailleurs, nous avons trop souvent l’esprit borné, nous parlons de nos conditions de travail qui se dégradent, de nos salaires qui fondent comme neige au soleil, ou de nos emplois qui sont menacés, mais c’est bien trop rarement que nous nous penchons sur la vie pleine de souffrances de nos patrons.

Tentons d’imaginer la précarité de leurs vies par rapport aux nôtres, au combien plus faciles et plus douces ! Nous, nous avons déjà bien du mal à gérer un SMIC… chaque mois c’est la même chose, on n’y arrive pas ! Chaque mois, c’est le même scénario… nos comptes en banque sont encore plus rouges que les drapeaux que nous déployons lors des manifestations. Alors, pour nous qui n’arrivons pas à gérer un seul SMIC, essayons de nous mettre à la place de ce pauvre Serge Dassault dont la fortune est égale à 1.283.744 années de SMIC, de cet infortuné Gérard Mulliez qui dispose de 1.687.207 années de SMIC dans ses coffres, de cette misérable Liliane de Bettencourt et ses 2.266.725 années de SMIC sur son compte… Non nous ne pouvons pas imaginer comme doit être dure d’avoir plus d’un million d’années de SMIC à notre disposition !

Et tout ça pour une vie faite d’angoisses et d’incertitudes lorsque pour nous tout est si simple. Chaque jour, sans avoir à trop réfléchir, puisque selon l’adage bien connu l’avenir appartient à ceux qui ont des ouvriers qui se lèvent tôt, nos rêves de la nuit ne sont pas encore finis lorsque le cri strident du réveil nous jette hors du lit bien avant que le soleil se lève. Une douche, un café, et toujours comme des automates nous n’avons plus qu’à nous glisser dans nos voitures, les bus, le RER ou le métro pour retrouver notre chère pointeuse, notre bureau, notre atelier ou notre chantier, où nous resterons jusqu’à la fin de notre journée. Quel plaisir d’avoir une vie où nous n’avons pas à nous interroger sur l’utilité de nos gestes, d’autres y réfléchissent pour nous, nos gestes sont utiles tant qu’ils apportent du profit à d’autres. Félicité suprême, il peut même arriver que l’on minute à la seconde près nos gestes pour nous permettre d’être le plus productifs possibles. Et si récurer un sol, limer la tôle, répondre au téléphone, goudronner une route, conduire un camion, tenir une caisse ou toute autre activité est jugée inutile, parce que pas ou plus assez rentables, alors on se retrouve à pointer à Pôle Emploi, où nous aurons tout loisir de rédiger des CV et lettres de motivation pour répondre à des offres d’emploi tout en sachant que la majorité d’entre nous n’aurons jamais la moindre réponse.

A cette vie de félicité, opposons l’angoisse permanente que doivent subir nos pauvres patrons, pardon entrepreneurs. Chaque jour, il faut affronter des problèmes que nous, heureux prolétaires, n’aurons jamais à résoudre : faut-il placer son argent en Suisse, aux Îles Caïman ou au Luxembourg ? Va-t-on déjeuner chez Maxim’s ou au Fouquet’s ? Et imagine-t-on l’angoisse que l’on a lorsque l’on quitte sa résidence principale et que l’on risque comme cet humble Varin, ancien PDG de PSA, de se faire dérober sa maigre tirelire de 500.000 € de bijoux et de devises étrangères ? Ou de son comparse Robert Peugeot qui s’est fait voler 500.000 € en lingots d’or, discrètement cachés dans la salle de bain de son hôtel particulier du 16ème arrondissement de Paris ? Voilà bien des craintes que dans leur mansuétude, les patrons gardent pour eux, et nous offrent une vie d’allégresse où nous n’avons qu’à nous demander si nous allons manger des nouilles ou des pommes de terre.

A la réflexion, nous, communistes, n’avons jamais assez pris en compte l’horreur de la condition patronale. Une telle vie de souffrance ne peut qu’horrifier chaque personne ayant en elle un minimum de sentiments humains. Il est temps, grand temps, de libérer les patrons de cette vie d’angoisse et de souffrance ! Libérons les patrons ! Pour leur offrir une vie meilleure, prenons leurs usines, magasins, et leurs fortunes. Réquisitionnons leurs hôtels particuliers et résidences secondaires pour loger ceux qui ont froid, prenons leurs usines pour les mettre sous contrôle de conseils ouvriers et utilisons leurs fortunes pour permettre à chaque êtres humains de vivre décemment, et ainsi nous mettrons fin à la terrible condition patronale. Et même si leur réinsertion sera difficile, nous trouverons bien une place dans nos ateliers, nos bureaux ou nos chantiers à ces anciens patrons pour qu’ils puissent avoir le plaisir d’accomplir, enfin, une tâche utile à la société !

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