Sarcelles : les salariés de l’usine d’incinération Saren en grève

Le Parisien, 14 janvier 2016 :

Pas de ballet des camions poubelle ni de fumée qui s’échappe de la cheminée ce mercredi matin, chez Saren, dans la zone industrielle de Sarcelles. L’usine d’incinération des ordures ménagères, filiale de Veolia environnement et Idex Environnement est en arrêt total depuis mardi soir minuit. Les salariés ont entamé une grève illimitée. Première revendication : une revalorisation salariale. « Depuis trois ans, on a perdu environ un tiers de notre prime d’intéressement, soit 400 € par an. On fait tout ce qu’il faut, on travaille dur, l’usine fonctionne bien et aurait même dépassé ses objectifs. Mais on n’a aucune reconnaissance », dénonce Zeljko, chef de quart. Ici, le salaire moyen s’élève à 1 800€. La vingtaine de salariés grévistes (sur 28 employés) demande une augmentation de 150 € mensuelle.

Autre demande, un renforcement des mesures de sécurité. Beaucoup sur le site, sont encore choqués de l’accident mortel survenu le 20 mai dernier. Le responsable de la maintenance est décédé après avoir été enseveli sous des cendres lors d’une intervention dans le silo. « On nous pousse trop, on nous met la pression, soupire Julien. Cet accident aurait pu arriver à n’importe qui ». « Le drame est survenu suite à un bourrage du silo. Des bourrages, il y en a une dizaine par an. Avec plus d’investissements, on pourrait les limiter, assure Mahmoud, délégué CGT. Les risques d’accidents sont élevés. On a le sentiment que la direction privilégie le fonctionnement par rapport à la sécurité des gens ».

Pour se faire entendre, les salariés, dont la dernière grève date de 1999, disposent d’un moyen de pression. Car le site, en plus d’incinérer les déchets pour les 31 communes du Sigidurs (syndicat intercommunal pour la gestion de l’usine d’incinération de déchets urbains de la région de Sarcelles), produit de la vapeur qui permet d’alimenter en chauffage et eau chaude environ 16 000 logements de Sarcelles. Quand il est à l’arrêt, la ville est obligée de basculer sur du gaz de ville, plus onéreux. Et à terme, des répercussions sur les factures ne sont pas exclues, d’après les salariés.

«Le montant de la prime d’intéressement versée en 2015, correspond aux résultats des objectifs atteints sur l’année 2014, estime de son côté Véolia. La direction ne peut accepter la demande de 150 € par mois pour l’ensemble du personnel. Elle maintient le dialogue. Quant à la sécurité, elle est au coeur des priorités des managers. L’accident mortel de mai est tragique et regrettable. Notre collaborateur a souhaité bien faire son travail alors que même sa hiérarchie lui avait strictement interdit d’effectuer cette intervention».

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