Deux militants de la CGT-Energie condamnés pour entrave à la liberté du travail

L’Humanité, 12 janvier 2016 :

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mardi à 1.000 euros d’amende avec sursis deux militants de la CGT-Energie pour entrave à la liberté du travail à l’occasion d’une action syndicale en 2008 et en a relaxé deux autres poursuivis pour les mêmes faits.

Cédric Liechti, secrétaire général du syndicat CGT-Energie Paris, a été reconnu coupable d’entrave concertée avec violence ou voie de fait à la liberté du travail, ainsi que d’entrave concertée avec menace. Son collègue, désormais retraité, a été reconnu coupable d’entrave avec menace. Le parquet avait requis 1.500 euros d’amende à l’encontre du leader de la CGT-Energie et 1.000 euros d’amende à l’encontre des trois autres militants CGT. Un cinquième, poursuivi pour conservation et divulgation frauduleuse de l’image d’une personne, a été relaxé.

A l’appel de la CGT, près d’une centaine de personnes s’étaient rassemblées non loin du palais de justice en soutien aux militants avant le jugement. Face à la « violence patronale, la violence d’État (…) il va falloir qu’on hausse le ton », a lancé l’un des responsables, en évoquant la condamnation à Amiens de huit ex-salariés de l’usine Goodyear à neuf mois de prison ferme.

Pour Cédric Liechti, ce procès -pour un délit « rarement poursuivi », selon son avocat, Me Cyril Gosset- et ce jugement ont « vocation à pousser l’action syndicale hors les murs de l’entreprise ». Le responsable syndical craint que la décision fasse jurisprudence et menace les rassemblements collectifs sur les lieux de travail. Huit manifestants avaient initialement été mis en examen dans ce dossier en décembre 2012. Trois avaient bénéficié d’un non-lieu.

En février 2008, une agence parisienne commune à ERDF et GRDF avait été investie pendant deux jours par des militants de la CGT-Energie, entraînant une plainte des directions des deux entreprises pour lesquelles les salariés présents dans l’agence avaient été empêchés de travailler.

Cette « action de solidarité » avait été organisée, avaient expliqué les prévenus à l’audience en septembre, pour protester contre le « licenciement inique », à l’aide de documents « falsifiés », d’une femme handicapée, en stage statutaire depuis un an en vue de sa titularisation.

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