Grève annoncée pour début janvier à l’Ephad de Guilliers

Le Ploermelais, 26 décembre 2015 :

Depuis la grève de 38 agents des Blés-d’Or, aucune rencontre n’a eu lieu avec la direction de l’établissement. Le conflit n’est donc pas résolu au point que les syndicats annoncent un nouveau mouvement début janvier.

Leur mouvement de grève a fait grand bruit dans la région. Rappelez-vous, lundi 14 décembre, 38 agents de l’Ephad des Blés-d’Or à Guilliers ont, à l’appel de la CFDT et de la CGT, participé à un mouvement de mobilisation afin de dénoncer « la dégradation et les mauvaises conditions de travail, grandissantes depuis 2012 », année de départ de l’ancienne directrice, Viviane Le Borgne. Depuis, les représentants du personnel avaient soulevé que « trois directeurs se sont succédé, appliquant tour à tour des contraintes budgétaires pressantes. Résultat : ils concentrent tous leurs efforts à faire des économies ; la loi du budget passant au-dessus de l’humain. »

En face, par voie de presse, la direction répondait. « Nous nous devons d’être en phase avec l’enveloppe budgétaire qui nous est accordée. Le nerf de la guerre, c’est le financement. Alors, si les agents souhaitent plus de moyens, ce n’est pas nous qu’il faut convaincre, mais avant tout les financeurs. » Dans tous les cas, rappelait Michèle Urien, maire et présidente du CCAS, et Stéphane de Coatparquet, le directeur :

« Il n’est pas de notre ressort de consentir à une politique déficitaire sans l’aval des financeurs publics. »

« Catastrophique »

Toujours est-il que, selon les grévistes, « la dégradation éprouvante des conditions de travail » a des répercussions directes sur les résidents de l’établissement.

« La prise en charge est catastrophique, accentuant la dépendance et une altération de leur état général. »

A côté d’eux, la fille d’une personne âgée témoigne : « Cet été, ma mère n’a pas eu de douche et de shampoing durant deux mois. »

Toujours dans nos colonnes, la direction réagissait : « Nous ne nions pas les difficultés. […] Le tout est dû à un problème d’organisation des plannings. » Un planning que le directeur n’arriverait pas à modifier.

« Nous avions pensé mettre en place des « coupures » en journée. Mais les salariés n’ont pas accepté. […] Depuis, nous réfléchissons à diminuer le nombre d’heures journalières. Mais, là encore, cela a du mal à passer. »

Pour le responsable de la structure, rien à voir avec un problème de sous-effectif : « Si nous comparons le nombre d’agents avec celui d’autres établissements, les chiffres prouvent que nous sommes plutôt bien dotés. »

Contrats non renouvelés

Une dizaine de jours après, qu’en est-il ? « Pour l’heure, le mouvement est interrompu, soutiennent les représentants syndicaux. Mais il reprendra et se durcira début janvier. » Pourquoi ? « Parce qu’il n’y aucune avancée probante, pas même un dialogue engagé avec la direction. C’est le statu quo. » Selon eux, la direction appliquerait même « la politique de l’autruche ». « On est déçu par une telle réaction. C’est tout simplement pitoyable. » Et, une annonce ajoute de l’huile sur le feu…

« Juste après la grève, le directeur a appris à deux aides-soignantes en CDD, qui travaillent ici depuis des années, que leur contrat ne serait pas renouvelé fin février. Une décision qui nous remotive. On continuera donc à se battre pour elles, pour nous et les résidents. »

Dialogue fin janvier

Stéphane de Coatparquet, actuellement en congés, a accepté de nous répondre. Il confirme : « Suite à une rencontre avec le CCAS, j’ai annoncé, par mail et par affichage au sein de l’Ehpad, que j’étais heureux de savoir qu’il y avait une demande de dialogue des deux côtés. En ce sens, de nouvelles réunions de dialogue seront relancées fin janvier. » Concernant les deux contrats non renouvelés, il acquiesce.

« Oui, c’est vrai. Le fonctionnement établi depuis plusieurs années n’est pas légal dans le renouvellement des CDD. Les règles de la fonction publique territoriale imposent que les CDD, s’ils sont renouvelés, aboutissent à des CDI. Or, pour nous, ce n’est pas possible. Nous ouvrons des CDD afin de disposer de postes d’ajustement, non permanents. C’est en ce sens que ces deux contrats ne seront pas reconduits et que nous ferons appel à deux nouvelles personnes de l’extérieur. »

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