Des grèves moins fréquentes mais plus intenses

20 Minutes, 22 décembre 2015 :

Selon le ministère du Travail, le nombre de grèves en 2013 a atteint son plus bas niveau depuis 2008, mais les mouvements sociaux ont duré plus longtemps et ont concerné plus de salariés…

Moins de grèves, mais des mouvements sociaux plus longs ou plus massifs. En 2013, le nombre d’entreprises affectées par une grève a atteint son plus bas niveau depuis 2008, selon des chiffres du ministère du Travail publiés ce mardi. Néanmoins, les arrêts de travail ont été plus longs ou concernaient davantage de salariés.

Des grèves plus longues ou concernant plus de salariés

En 2013, 1,2 % des entreprises du secteur privé (de plus de 10 salariés) ont été touchées par une grève ou un débrayage, tous secteurs confondus, relève le service des statistiques du ministère (Dares). En 2012, la proportion était de 1,3 %. Elle avait atteint 3,3 % en 2010, année de la réforme des retraites.

Le taux de grèves atteint « son niveau le plus faible depuis le début de la dégradation du contexte économique de 2008 », souligne l’étude, mais « les grèves sont légèrement plus intenses » en 2013 qu’en 2012.

En effet, le nombre de journées de grèves pour 1.000 salariés est passé de 60 à 79. Rapporté aux seules entreprises ayant connu au moins une grève, il passe de 250 à 322 jours. Cet indicateur est le signe que les grèves ont été « plus longues et/ou ont concerné plus de salariés ».

Pourquoi fait-on grève en France ? Les rémunérations restent la cause la plus récurrente de grève mais le motif emploi, en deuxième position, progresse dans tous les secteurs, souligne la Dares.
Les secteurs de l’industrie et des transports plus touchés

En 2013, les secteurs les plus affectés par les grèves ont été l’industrie et les transports, avec un taux similaire de 2,9 % d’entreprises concernées (en très légère hausse par rapport à 2012). Ce sont les entreprises industrielles de fabrication de matériels de transport, notamment automobiles, où le taux de grèves a été le plus élevé : 13,7 % (+ 5 points par rapport à 2012).

Dans les services, la proportion a baissé, de 1,8 % à 1,2 %. Près de la moitié (47 %) des entreprises concernées par des grèves l’ont été dans le cadre de conflits nationaux et interprofessionnels.

2 réponses à “Des grèves moins fréquentes mais plus intenses

  1. Chiffres très discutés de la DARES.
    Ne pas reprendre pour du bon pain un système de calcul qui exclue l’écrasante majorité des conflits sociaux.
    si on en juge l’article passé sur anti-K, http://www.anti-k.org/2015/12/23/des-greves-partout-sauf-dans-les-statistiques-de-la-dares/ ,les bouilleurs de crue du ministère ont ces critères de sélection :
    1) seulement le secteur marchand
    (exclues les luttes des hôpitaux, des Ehpad, de la Poste, de la SNCF, EDF, la Sécurité Sociale, les agents communaux ou territoriaux, l’éducation nationale et ses dérivés, le périscolaire, les cantines, crèches garderies, piscines, ou le secteur culturel, bibliothèques, médiathèques, et puis encore Pole Emploi, les pompiers, les inspecteurs du travail, les finances publiques, les archives nationales, les ministères, le secteur médico-social, le secteur social, les éducateurs, les auxiliaires de vie, les « femmes » de ménage, administration publique, hôpitaux publics, éducation etc, etc…)
    2) Seulement les boites de plus de 10 travailleurs, sauf >>>>>
    3) exclusion des grèves et luttes dans les entreprises de moins de 10 salariés, et exclusion d’un décompte au niveau du groupe, c’est-à-dire exclusion d’une grande partie du commerce, des services marchands et bien d’autres.
    4) les seuls chiffres sont fournis sur la base du volontariat des DRH et en plus il ne leur est pas demandé une comptabilité précise mais une estimation (aucune donnée objective). Un peu comme si elle demandait aux dictateurs s’il y a des prisonniers dans leur pays.
    5) le recensement demandé exclut les luttes qui auraient d’autres objectifs que ceux liés directement à l’entreprise. (exclusion donc des grèves qui ont des objectifs nationaux ou régionaux, lutter contre la loi Macron par exemple, ou la politique d’austérité, pour l’emploi et les salaires en général, bref quasi toutes les journées d’actions syndicales, régionales ou nationales.).
    6) Exclusions des grèves qui viseraient le groupe entier, ce qui exclut un certain nombre de luttes sur les NAO qui concernent le groupe mais bien d’autres comme on vient de la voir aux Galeries Lafayette, chez Areva, Spie Communications, carrefour market, et bien d’autres.
    7) Exclusions des luttes et grèves hors France Métropolitaine,
    8) Exclusions d’une partie des grèves et luttes des stagiaires ou intérimaires, la grève récente par exemple des intérimaires de Renault Flins pourrait être exclue du décompte.
    La Dares reconnaît que les petites entreprises de moins de 50 salariés ne remplissent pas les formulaires d’enquête. C’est-à-dire le secteur qui fait la majorité du salariat, qui emploie très majoritairement les jeunes qui sont justement ceux qui font le plus grève.

    Fermer le ban.

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