Grève aux Galeries Lafayette à Besançon

L’Est Républicain, 18 décembre 2015 :

LES VENDEURS des galeries Lafayette, à Besançon, se sont donné rendez-vous à l’extérieur, du côté des entrées et sorties du magasin, rue des Granges. Les sourires ne dissimulent pas la fatigue qui s’accumule en eux, surtout depuis le début de la période de Noël.

La mobilisation intersyndicale est surtout menée par la CFDT, représentant majoritaire des intérêts des salariés dans cette entreprise dirigée par la famille Houzet depuis Paris. Comme il n’y a plus de direction sur place vers qui se tourner et capable de relayer les revendications, les employés sortent à la rencontre des Bisontins et des acheteurs potentiels pour leur parler.

« Nous vendons du rêve, mais nos métiers ne nous font plus rêver », lance Hélène Miller, déléguée syndicale du magasin. « Ceux qui ont été embauchés avant 1999 et la dénonciation de la convention collective perçoivent toujours une prime d’ancienneté, dérisoire. Pas ceux qui sont arrivés après. Pour ma part, je suis ici depuis 35 ans. Mon salaire s’élève à un peu moins de 1 200 € nets mensuels. Nous en avons assez d’être aussi mal rémunéré. »

« Jamais un seul remerciement »

« Nous étions 161 en 1991 », reprend Frédéric Hacquard, délégué syndical central CFDT. « Début 2015, nous n’étions plus que 80 et nous sommes désormais 72. Deux personnes, seulement, viennent nous prêter main-forte pour les fêtes de fin d’année. C’est lamentable. »

Pour les vendeurs, comme pour les 43 démonstratrices assignées aux rayons qui les concernent, le rythme d’activité est difficile à suivre. « Plus les promotions et périodes spéciales se multiplient, moins nous pouvons prendre nos vacances », signale Hélène. « Il n’y a pas assez d’effectif pour réaliser des mouvements tournants suffisants. On nous colle des objectifs de vente parfois irréalisables lorsqu’il n’y a que deux vendeuses. Nous n’avons jamais un seul remerciement lorsque nous atteignons le chiffre escompté. C’est dur. »

Lorsqu’ils ont appris qu’une prime exceptionnelle de 1 000 € était accordée aux salariés des galeries Lafayette-Haussmann à Paris, leur sang n’a fait qu’un tour. « Aux dernières négociations salariales, nous n’avons obtenu que 0,5 % d’augmentation ! », s’indigne Frédéric. « C’est tout ! Et il faudrait ne pas broncher et s’en satisfaire ? Non ! Nous ne lâcherons rien. »

Pour la circonstance, comme tous leurs autres collègues qui œuvrent dans les autres villes de France « oubliées » où l’enseigne est présente, les salariés bisontins portent un tee-shirt Star Wars pour repousser la « Force obscure » qui anime leurs patrons. « Nous allons obliger la direction à prendre des engagements pour une meilleure gestion commerciale, sociale et humaine des magasins du groupe. »

Une réponse à “Grève aux Galeries Lafayette à Besançon

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s